Par Rodrigue Fenelon Massala
Dominique Strauskhan disait « Tous les maux ne se traitent pas avec de l’aspirine. Il arrive parfois qu’une intervention chirurgicale soit nécessaire. » Partant de cette considération, il n’est pas faux d’affirmer que seule intervention chirurgicale après un bon diagnostic permet de sauver un patient. Cette image illustre parfaitement la situation économique de l’Afrique subsaharienne qui est victime de mesures ponctuelles et limitées malgré les défis qui s’imposent à la région.
Aujourd’hui plus que jamais, l’Afrique subsaharienne a besoin de réformes structurelles profondes pour répondre à son déficit de compétitivité qui trouve ses origines dans la vision économique souvent trop étroite.
Les économies de nombreux pays restent largement dépendantes de l’exportation de matières premières, tandis que les investissements dans l’innovation, la transformation industrielle, la recherche et le développement demeurent insuffisants. Une telle structure économique peine à évoluer au rythme des profondes transformations qui redessinent l’économie mondiale, marquée par la révolution numérique, l’intelligence artificielle, la transition énergétique et la montée des chaînes de valeur mondiales.
À la faiblesse structurelle s’ajoute une culture économique qui, dans plusieurs contextes, tend à décourager la prise de risques. L’environnement des affaires reste souvent marqué par des lourdeurs administratives, un accès limité aux financements, une insécurité juridique et des infrastructures insuffisantes. Ces contraintes étouffent l’esprit d’entreprise et freinent l’émergence d’innovations capables de stimuler la croissance et la création d’emplois.
Dans un monde où la compétitivité repose de plus en plus sur la connaissance, la technologie et la capacité d’adaptation, les réponses partielles ne suffisent plus. Les États doivent repenser leurs politiques économiques en favorisant la diversification, l’industrialisation, le développement du capital humain et l’intégration régionale. Il devient donc indispensable de créer un climat propice à l’investissement privé, à l’entrepreneuriat et à l’innovation.
La jeunesse africaine constitue un formidable potentiel. Bien formée, accompagnée et soutenue par des institutions efficaces, elle peut devenir le principal moteur de la transformation économique du continent ; car pour transformer il faut d’abord former. Cette jeunesse, très ambitieuses, attend des gouvernants la mise en œuvre de politiques qui récompensent l’initiative, facilitent l’accès au crédit et encouragent la création d’entreprises compétitives.
L’heure n’est donc plus aux simples traitements symptomatiques. Les défis auxquels fait face l’Afrique subsaharienne nécessitent des choix courageux, des réformes ambitieuses et une vision à long terme.
Comme en médecine, certaines situations imposent une intervention profonde plutôt qu’un simple soulagement temporaire. C’est à ce prix que la région subsaharienne du continent pourra renforcer sa compétitivité, saisir les opportunités offertes par les mutations de l’économie mondiale et bâtir une croissance durable, inclusive et résiliente.
Photo RFM: Rodrigue Fénelon Massala, Journaliste, Grand Reporter à Financial Afrik

