Le père, la mère et le fils cadet d’une famille de six personnes, originaire de la République démocratique du Congo (RDC) ont été tués le 19 juin à Bouansa (212 Km à l’Est de Brazzaville) après avoir consommé une igname sauvage vénéneuse.
Selon des témoins, le fils cadet était le premier à rendre l’âme, suivi de la mère puis, sur le chemin de l’hôpital, le père. Le tubercule d’igname incriminé serait plutôt utilisé pour des besoins de pêche ; pour empoisonner certaines espèces halieutiques.
Plus chanceux, trois autres enfants de la famille intoxiquée par la consommation de l’igname seraient en observation à l’hôpital de Nkayi (60 Km plus à l’Est) dans un état moins préoccupant, indique-t-on.
Selon des sources concordantes, sept personnes ont trouvé la mort le 9 septembre 2024 au village Ntsa dans le district de Ngo (département des Plateaux, Nord de Brazzaville) après avoir consommé une igname toxique.
Six années auparavant, deux personnes sont décédées après avoir mangé une igname à Mossendjo dans le département du Niari ; parmi eux, un agent de la Police locale.
Toujours dans le Niari, des sources expliquent que dans la décade 80 une famille a été exterminée dans le district de Kibangou dans les mêmes circonstances. Cette tragédie fit naître l’expression « Kudia Mbala ya Kibangou » (Manger l’igname de Kibangou) lorsqu’il fallait faire un choix difficile. « Mboté mu kudia mbala ya Kibangou » [Je préfère consommer l’igname de Kibangou, que de… ndlr], entendait-on les populations dire dans les rues de Dolisie, la capitale départementale.
Dans le même département, au village Bangondo (district de Kibangou), dans les années 60 une famille et ses amis furent tués par une igname, de même que des animaux domestiques. Chiens, coqs, poules et canards du voisinage ayant consommé les vomissures des personnes intoxiquées furent décimées aussi.
Il existe plus de 600 espèces d’ignames, et certaines sont connues pour leur toxicité potentielle ; notamment des alcaloïdes comme la dioscorine qui peuvent causer des problèmes de santé si l’igname n’est pas correctement cuite. La toxicité varie selon les espèces, et certaines ignames sauvages peuvent être particulièrement plus dangereuses.
Une source agronomique a expliqué à ‘‘Les Défis du Congo’’ que la chaleur de la cuisson annihile la dioscorine et rend l’igname comestible, une fois la toxine décomposée. Cependant, des variétés sauvages de la famille du dioscorea bulbifera sont très toxiques et impropres à la consommation.
Par ignorance, les populations apprécient juste l’aspect physique du tubercule avant de le consommer sans s’informer au préalable.
Au Congo, on trouve près de 17 taxons d’ignames utiles à l’homme, dont 15 sont spontanés et 8 sont mis en culture localement. Parmi les espèces cultivées, on trouve notamment dioscorea Alata, dioscorea Rotundata, dioscorea Dumetorum, et dioscorea Burkillian.
Mais en 2008, quelque 13 nouvelles variétés, importées du Bénin, ont été introduites par la composante Appui au développement agricole et halieutique (ADAH) du Projet de développement rural (PRODER nord).
Photos DR: 1- Une vue de la ville de Bouansa 2-L’igname non-autrement identifiée qui a tué 7 personnes en 2024 dans les Plateaux 3-Un tubercule de dioscorea bulbifera

