Par Cyr Yoba et Achille Salesh Ngoma
La ministre des Transports, de l’Aviation civile et de la Marine marchande, Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas, en tournée de reconnaissance dans les structures de son département à Pointe Noire, a promis de réunir les partenaires, la direction générale et les représentants du personnel afin d’élaborer une feuille de route et un plan de sauvetage pour le chemin de fer Congo-océan (CFCO).
Lors de cette tournée, la ministre a exprimé sa consternation face à l’état de dégradation avancée des infrastructures et équipements de la société ; et du parc insignifiant de locomotives et wagons.
Selon Mme Ebouka-Babackas, son constat sur le terrain reflète les rapports que ses équipes et elle-même ont reçus de la direction générale et des représentants du personnel. Les infrastructures du CFCO sont vieillissantes et obsolètes, et les équipements dans un état de délabrement avancé.
Le constat fait sur la dégradation de la gare principale de Pointe Noire ; miroir du chemin de fer depuis ses débuts ; a conduit à la délocalisation de tous les services, y compris les embarquements, vers la gare de Tié Tié.
Le déclin du CFCO (515 Km entre Pointe Noire et Brazzaville) est devenu patent avec la mise en service de la Route nationale N°1, entièrement bitumée sur 535 Km, qui offre une bien meilleure fluidité aux opérateurs économiques, conjurant tout problème de retard dans les livraisons.
Au nombre des difficultés qui ternissent l’image des agents figurent quelque 39 mois de salaires impayés. Environ 1 619 agents répondent encore à l’appel chaque jour. Parmi eux, 1 064 agents d’exécution, 450 agents de maîtrise et 127 cadres.
Le CFCO est une compagnie publique qui exploite un réseau ferroviaire de 885 kilomètres sur trois lignes. Le tronçon principal, construit de 1921 à 1934 et long de 515 km, relie le port de Pointe Noire et la capitale congolaise. La ligne Mont-Bélo-Mbinda, 285 Km, construite de 1959 à 1962 permettait d’écouler le manganèse du Gabon vers le port de Pointe Noire. Il y a enfin les 91km du réalignement, entre Bilinga et Dolisie, construits de 1976 à 1985.
Après des actes de sabotage durant les conflits armés, et une tentative de privatisation mal organisée en 2004, l’entreprise a basculé dans un fonctionnement hasardeux sous le regard impuissant de son propriétaire, l’Etat Congolais qui peine à apurer une dette de plus de 100 milliards FCFA.
Longtemps considéré comme épine dorsale de l’économie congolaise et veine principale de la circulation des biens en Afrique centrale, le CFCO peut rebondir si la volonté politique croise des partenaires économiques déterminés.
Photos DR/Adiac/LDC: 1-La ministre des Transports, Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas 2- Un train du CFCO 3-Le Nouveau visage de la Gare de Pointe Noire

