Le président de la fédération syndicale des professionnels de transport du Congo (FESYPTC), Bienvenu Mabiala a dit, a déclaré depuis à Pointe-Noire où il réside, son opposition à l’observation de la grève générale des Transporteurs initiée par l’intersyndicale des Transporteurs en commun du Congo (ISTCC) les 3, 4 et 5 mars prochains.
« Chaque syndicat a sa façon de travailler. Nous, à Pointe Noire et dans le Kouilou, on dit non ! Dans les autres départements aussi et chaque syndicat, là où il est, doit engager son syndicat, pas l’intersyndicale, » a-t-il déclaré.
Même son de cloche du côté de Brazzaville où le secrétaire général de ce syndicat, a été formel. « Il n’y a pas de grève du 3 au 5 mars puisque les négociations que nous avions débutées avec le gouvernement sont en train d’avancer », a-t-il indiqué au cours d’une tournée d’information dans les gares routières locales.
De même, les syndicats présents à cette assemblée générale ont rejeté l’idée d’une grève et d’une augmentation unilatérale des tarifs de transport, dans le dos du gouvernement.
Parmi eux, Ferdinand Badinguila, membre de l’Intersyndicale (Pointe-Noire), pourtant une représentation de l’ISTCC qui a pour base nationale Brazzaville, s’est désolidarisée en s’opposant à la démarche de la hiérarchie nationale.
« L’intersyndicale des Transporteurs en commun du Kouilou et Pointe-Noire attire l’attention des conducteurs de taxis, bus, autres moyens de transport de ne point céder aux injonctions incitatives au désordre et à l’anarchie attisée par les fossoyeurs de la paix, » a invectivé Ferdinand Badinguila.
Selon tous les syndicats qui ont pris part à l’assemblée générale de Pointe Noire, lors de précédentes revendications, le gouvernement a fait des concessions en supprimant de façon définitive la taxe de roulage et l’autorisation des transports publics. Il a réduit de 50% les coûts de patentes et a mis en application l’acte additionnel sur la libre circulation des personnes et des biens.
Mais cela ne semble pas suffisant au regard de l’ISTCC-Brazzaville qui a décidé, le 25 février dernier, de déclencher la grève dès le lundi 3 mars, si les négociations concernant l’ensemble des points inscrits dans le cahier de charges, débutées depuis le 23 mars 2024, n’aboutissent pas.
Selon le président national Patrick Milandou, il s’agit notamment de la matérialisation des mesures d’accompagnement suite à plusieurs augmentations des prix du carburant à la pompe ; du volet transport de la Loi des Finances 2024 ; du racket de la société Africa-pesage dur la RN2 ; des contrôles abusifs de police et de gendarmerie et de la dégradation très avancée des voiries urbaines.
L’intersyndicale a même brandi la menace de revaloriser les tarifs de transport dès l’expiration de l’ultimatum. Les suburbains passeraient de 150 à 250 FCFA et la course de taxi de 1 000 à 1 500 FCFA. Les tarifs de transports interurbains connaitraient une augmentation de 30 %.
La grosse crainte de l’ISTCC réside dans le fait que le gouvernement semble bien parti pour une nouvelle augmentation des prix de carburants à la pompe et toutes les indications laissent penser que le litre d’essence passerait à 1 050 FCFA contre 775 FCFA actuellement.
Au vue de cette cacophonie intersyndicale, la prudence demeure de mise. Le président de l’association congolaise des consommateurs, Eric Malonga-Malonga a pris la parole le 27 mars pour demander au gouvernement de ne point se faire une surdité inutile face à ce qui peut devenir un élément perturbateur majeur des journées de travail sur toute l’étendue du territoire et d’examiner à fond les revendications des transporteurs afin d’y apporter des solutions qui siéent.
« Le gouvernement devrait rencontrer les transporteurs en commun avant la date butoir du 3 mars, afin d’éviter que la vie des populations ne soit désorganisée. Si la grève est déclenchée, personne ne pourra se rendre au travail, ce qui entraînerait un manque à gagner pour l’État. D’où la nécessité de négocier avec eux pour empêcher le pire dans le pays », a déclaré le président de l’Association congolaise des consommateurs (ACC), cité par ‘’Les échos du Congo-Brazza.’’
Photos DR: 1- Des bus de Brazzaville 2- Des taxis dans la ville de Pointe Noire 3- Des taxis attendent les clients dans la ville de Dolisie

