Pour donner suite aux inquiétudes des députés, qui ont sonné l’alerte rouge sur l’exploitation illicite et abusive de la réserve de Dimonika le 2 avril dernier ; le premier ministre, Anatole Collinet Makosso, a effectué une descente dans la réserve en compagnie de quelques représentants du gouvernement pour faire un constat.
De l’exploitation forestière à l’extraction artisanale de l’or, en toute clandestinité, cette réserve de richesses nationale est en danger devant l’assaut d’exploitants illégaux qui saccagent la forêt, polluent les rivières et l’environnement avec l’utilisation du mercure dans les sites aurifères.
Parallèlement, le braconnage s’intensifie, ciblant notamment les espèces protégées pour alimenter les marchés illégaux. La coupe illégale de bois, motivée par une demande croissante en ressources forestières, aggrave la situation.
Devant le tableau de désolation présenté par ce site classé comme patrimoine mondial par l’UNESCO, le premier a demandé aux ministres présents sur les lieux de faire arrêter ce scandale.
« Il y a des lois qui régissent l’exploitation des zones forestières, notamment le code forestier de 2020, la loi sur la protection de l’environnement, la loi d’orientation sur le développement durable de 2022. Nous demandons à tous les acteurs qui interviennent dans la gestion des écosystèmes de respecter ces textes », a averti Anatole Collinet Makosso qui a annoncé la réunion prochaine des comités interministériel et multi-acteurs pour redéfinir les orientations stratégiques relatives à la gestion de cette aire protégée.
Pour le premier ministre, il s’agit de prendre des mesures répressives à l’encontre des exploitants illégaux. Au-delà, il y a aussi la nécessité de renforcer la surveillance et la sensibilisation vu qu’il manque les moyens d’assurer une gestion efficace et durable de la réserve après pareil constat.
« Nous réaliserons un audit d’impact environnemental. Nous apprécierons l’étendue de la dégradation et nous adapterons la réserve en fonction de la zone qui est encore intacte. L’on saura faire la distinction entre la zone intègre, la zone tampon et la zone en développement qui peut être mise à la disposition de la population pour ses activités de vie quotidienne », a expliqué le chef du gouvernement.
Il y a quelques jours, à l’Assemblée nationale, des députés appuyés par des ONG, avaient tiré sur la sonnette d’alarme en exprimant leurs inquiétudes auprès du chef du gouvernement Anatole Collinet Makosso sur la dégradation de la réserve de biosphère de Dimonika, sous l’effet d’une exploitation illicites des ressources.
Sur les lieux du désastre, les ministres de l’Aménagement du territoire, Jean Jacques Bouya ; de l’Environnement, Arlette Soudan-Nonault ; de la Recherche scientifique, Rigobert Maboundou ; de l’Economie forestière, Rosalie Matondo ; et de l’Enseignement supérieur, Delphine Edith Emmanuel, ont exprimé la volonté du gouvernement de sévir le pillage.
Au cœur de la majestueuse chaîne du Mayombe, dans le sud-ouest du pays, la réserve de biosphère de Dimonika est une aire protégée d’une valeur inestimable, couvrant une superficie d’environ 136 000 hectares. C’est l’un des derniers bastions de la forêt tropicale humide du Mayombe avec un écosystème unique en son genre.
Elle abrite une biodiversité remarquable, incluant de nombreuses espèces endémiques de flore et de faune dont certaines sont encore peu étudiées. Plus qu’un territoire à protéger, c’est un symbole de l’engagement du Congo en faveur de la biodiversité et de la préservation des écosystèmes.
La survie de la réserve de Dimonika dépendra de la volonté des populations à respecter les lois et règlements et la détermination des autorités à sévir les incartades des partenaires économiques qui ne respectent pas souvent les termes de leurs contrats d’exploitation.
Images Adiac/DR: 1-Le premier ministre Anatole Collinet Makosso et les membres du gouvernement dans la reserve de Dimonika 2,3 – Une exploitation aurifère et ses dégats sur l’environnement 4- La luxuriante forêt du Mayombe

