Par Cyr Yoba et Achille Salesh Ngoma
C’est l’expression du ras-le-bol d’un peuple Gabonais qui attendait le changement à la tête des institutions, malgré une campagne internationale de dénigrement des ennemis du Gabon et des activistes pro-Russie, pro-Wagner et pro-AES qui ont passé les 19 derniers mois à brocarder Oligui-Nguema dont la politique étrangère n’a pas manifesté une allégeance à la Russie comme de nombreux pays Africains qui tournent le dos à la France.
Le candidat Brice Clotaire Oligui Nguema, soutenu à l’élection présidentielle gabonaise du 12 avril dernier par le Rassemblement des Bâtisseurs, l’a emporté avec un score stalinien de 90,35 % de suffrages exprimés au premier tour, après la lecture des résultats provisoires ce dimanche par le ministre de l’Intérieur, Hermann Immongault.
L’ancien général des Forces Armées Gabonaises a obtenu 575 222 voix contre 19 227 pour son principal challenger, Alain Claude Bilie-By-Nze, ancien premier ministre du président déchu, Ali Bongo Ondimba, qui a totalisé quelques 3,2 % de suffrages.
Avec ce vote, Brice Clotaire Oligui Nguema quitte la peau du salutaire putschiste pour intégrer celle de président élu du Gabon. Cette nouvelle identité politique lui donne des coudées franches pour exécuter son programme longuement expliqué aux Gabonais pendant la transition.
En février dernier, il affirmait déjà qu’il n’a pas d’adversaires pour cette élection si ce ne sont le chômage des jeunes ; les routes qui manquent dans toutes les villes ; l’eau ; l’électricité et la vie chère.
Il semble donc que la vraie élection vient de commencer pour lui ; puisque l’occasion vient de lui être donnée d’affronter ces adversaires qu’il semble redouter.
Joseph Lapensée-Essingone qui a enregistré 3 586 votes est arrivé en troisième position avec 0,56 % de suffrages exprimés. Les cinq autres candidats ont obtenu chacun un peu moins de 2 500 votes, correspondant à moins de 0,4 %.
La seule femme en lice lors de cette élection qui s’est déroulée dans un calme absolu, sans incident majeur, Zenaba Gninga Chaning a obtenu la confiance de quelques 2 432 Gabonais pour 0,38 % ; occupant ainsi une quatrième place aussi chère qu’improbable dans un pays où les candidatures féminines relèvent souvent de l’extraordinaire.
La candidate Gninga Chaning a mené une campagne modeste et très remarquable qui a mis en avant l’institutionnalisation de la polygamie, attirant ainsi de nombreux électeurs males.
Pour la première fois, depuis 1967, date d’arrivée au pouvoir d’Albert Bernard Bongo, feu Omar Bongo Ondimba ; le Gabon ne sera pas constitutionnellement dirigé par un Bongo, la famille qui a dirigé le pays pendant 55 ans.
Le fils Ali Bongo, qui a dirigé le Gabon de façon controversée jusqu’au soir du 30 aout 2023, tentait de se relancer pour un troisième mandat lorsqu’il a été surpris par le coup d’Etat du général Brice Clotaire Oligui Nguema, par ailleurs neveu d’Omar Bongo et cousin d’Ali selon des liens de parenté que d’aucuns présentent selon les humeurs.
Le général ayant troqué le treillis contre la veste civile a dirigé le Gabon pendant la période de transition qui a duré 20 mois au lieu des 24 promis. Il a réalisé beaucoup de chantiers que certains Gabonais jugent insignifiants, mais que la majorité du peuple a applaudi.
Les regards sont désormais tournés vers le Palais du Bord de Mer ou les militaires doivent apprendre à composer avec les civils pour servir au peuple Gabonais, un gouvernement capable de lancer d’imposer le développement et la prospérité longuement promis pendant la dernière campagne électorale.
Images DR: Brice Clotaire Oligui Nguema “C’BON” et son épouse Zita (Colonel des Douanes Gabonaises)

