La République du Congo s’est jointe au continent pour commémorer, le 25 mai, la 62e Journée de l’Afrique symbole de la création de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) devenue l’Union africaine (UA) ; sous thème « Justice et réparations pour les Africains et les personnes de descendance africaine », adopté lors du 38e sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’UA tenu à Addis-Abeba en février dernier.
Dans une déclaration lue à cette occasion, le ministre congolais des Affaires étrangères, de la Francophonie et des Congolais de l’étranger, Jean-Claude Gakosso, a rappelé que ce moment constitue une occasion de « réaffirmer notre détermination à bâtir un avenir meilleur pour notre beau continent, mais aussi de sublimer notre héritage culturel, précieux legs d’une riche civilisation millénaire forgée par nos aïeux ».
Le ministre a souligné la portée symbolique et historique du thème de cette année, qui vise à convoquer la mémoire collective autour de « l’une des pages les plus sombres de l’histoire de l’humanité », la traite négrière, la déportation massive des Africains vers les Amériques et leur soumission à un esclavage brutal. Il a également salué la résistance héroïque des victimes, tout en insistant sur la nécessité d’une reconnaissance internationale de ce crime contre l’humanité.
« Cette thématique vient rappeler un crime longtemps occulté. Il est temps que la conscience humaine reconnaisse la dette morale sans précédent vis-à-vis des peuples africains, une dette qui appelle à la justice, réparation et compensation », a déclaré Jean-Claude Gakosso.
Le chef de la diplomatie congolaise a insisté également sur l’importance de l’unité africaine comme levier de développement et de puissance continentale. Il a évoqué le rôle que l’Afrique doit jouer dans la redéfinition des rapports de force mondiaux, en citant les grandes puissances telles que les États-Unis, la Chine, l’Inde ou encore la Russie.
À l’instar de ces nations, l’Afrique doit, selon lui, se transformer en géant économique pour imposer sa voix sur la scène internationale.
Faisant écho à l’historien Théophile Obenga, Jean Claude Gakosso a rappelé que le projet des États-Unis d’Afrique, porté par les pères fondateurs de l’OUA, « ne doit pas être un sujet tabou ». Il a salué, comme un jalon important, l’instauration du passeport panafricain, outil de libre circulation destiné à renforcer l’intégration continentale.
« Constant dans son engagement pour l’unité africaine, le Congo poursuivra son combat pour l’intégration économique et l’émancipation des peuples », a-t-il affirmé, appelant à une mobilisation collective.
« Le destin de l’Afrique est entre nos mains. Répondons ensemble à l’appel de l’histoire », a plaidé M. Gakosso.
La commémoration de la Journée de l’Afrique rappelle non seulement la naissance d’un idéal panafricain, mais aussi les responsabilités qui incombent aux générations actuelles. En réclamant justice et en appelant à l’unité, les dirigeants africains posent les jalons d’un avenir fondé sur la mémoire, la dignité et la souveraineté.
Images screenshots/DR: Le ministre congolais des Affaires étrangères, de la Francophonie et des Congolais de l’étranger, Jean-Claude Gakosso 2-Le thème de la 62e journée de l’ Afrique 3-Une fresque de la traite négrière

