Par Cyr Yoba et Achille Salesh Ngoma
Le porte-parole du gouvernement congolais, Thierry Lézin Moungalla, s’exprimant le jeudi 5 juin au cours de la réunion bimensuelle dite la « Quinzaine du Gouvernement » où il est apparu avec son collègue de l’Enseignement technique Thierry Maguessa Ebomé, a évoqué « un malentendu » dans la compréhension de la décision de l’administration Trump de restreindre l’accès sur le sol américain des ressortissants de plusieurs pays dont la République du Congo.
« Je parle donc avec toute la prudence nécessaire ; j’ai vu circuler sur les réseaux sociaux le nom Congo, à priori, on va dire c’est nous ; plutôt que la République démocratique du Congo et ensuite j’ai vu République du Congo avec le drapeau de la RDC. C’est un peu curieux mais dans l’hypothèse où il s’agirait de notre pays, il est entendu que cette décision pour nous, en attendant que les services compétents au niveau diplomatique nous expliquent le type de démarche qu’ils vont faire vers les autorités américaines, nous pensons qu’il s’agit d’un malentendu, évidemment ! », a déclaré le ministre de la Communication Thierry Lézin Moungalla.
Répondant à une question de la presse, il a avoué que le gouvernement s’est levé comme tous les congolais en découvrant cette nouvelle, relayée par des médias internationaux et par les réseaux sociaux deux ou trois heures après la publication par l’administration américaine de cette information assez bouleversante.
« Nous marquons une certaine surprise. Nous avons suivi effectivement la publication de ces décisions et j’ai cru comprendre ; nous avons cru comprendre qu’elles étaient consécutives à la survenance d’un attentat terroriste aux Etats Unis dont nous déplorons ainsi que ses conséquences humaines. Nous ne croyons pas que les auteurs de cet attentat soient d’origine congolaise, » a défendu M. Moungalla qui a précisé que « le Congo n’est ni un pays terroriste, n’abrite aucun terroriste, n’est pas connu pour avoir une vocation terroriste. »
Le ministre espère que dans les prochaines heures les services diplomatiques compétents du gouvernement se mettront en relation avec les autorités américaines et probablement avec les autorités américaines aux Etats unis « pour lever ce malentendu. »
Le Tchad qui fait partie des douze pays cités par cette mesure restrictive par le gouvernement américain a réagi, par la voix de son président Mahamat Idriss Deby Itno. Par “principe de réciprocité”, il a également décidé de la suspension de l’octroi de visas aux Américains.
« Le Tchad n’a ni des avions à offrir, ni des milliards de dollars à donner, mais le Tchad a sa dignité et sa fierté », a déclaré, le 5 juin, le chef de l’Etat tchadien, Mahamat Idriss Deby Itno. Par conséquent, il a instruit son gouvernement de prendre des mesures de réciprocité vis-à-vis des Américains.
Nulle part dans la proclamation du président Trump, le Tchad est accusé d’être un Etat terroriste ou un pays à risques. Le problème du Tchad c’est le taux exponentiel du prolongement illégal des séjours des Tchadiens qui visitent les Etats Unis. « Le taux très élevé pour 2022 et 2023, est inacceptable et dénote un manque de respect grave a la loi d’immigration américaine », précise le document.
Le Tchad a atteint le seuil étonnant de 49.54% de prolongement de séjours pour les visas de type B‑1/B-2 et 55.64% pour les visas F, M, et J, révèle la décision du président Trump qui mentionne un taux de 70.18% pour la Guinée Equatoriale en ce qui concerne le visas F, M, and J.
En plus des Tchadiens et des Congolais, les Somaliens, les Soudanais, les Birmans, les Equato-guinéens, les Libyens, les Érythréens, les Haïtiens, les Iraniens et les Yéménites font également partie de la liste des indésirables.
Selon Donald Trump, l’interdiction est motivée par le souci de protéger les Etats-Unis des “terroristes étrangers”. Cependant, seulement quatre pays parmi les douze sont incriminés sur le motif de terrorisme. Il s’agit de l’Iran, Cuba, la Somalie et la Libye qui sont cité selon les cas pays à risque, complices, promoteurs, ou sponsors du terrorisme.
Pour le cas du Congo, le problème est le taux élevé des prolongements de séjours avec l’intention de ne pas repartir dans le pays d’origine. Le tracking des prolongements de séjours révèle que la république du Congo a atteint un taux de 29,63% pour les visas B-1/B-2 délivrés pour le tourisme, les raisons de santé ou le business ; alors les visas F, M, et J octroyés pour des raisons académiques et d’études non académiques ou d’activités culturelles, culminent à 35.14 %.
« En conséquence, l’entrée aux Etats Unis des citoyens Congolais comme immigrants ou non immigrants est complètement suspendue », a décidé le président américain.
Selon des dispositions de la section 5 de la proclamation, que cette sanction pourrait s’appliquer au cas-par-cas dans le respect des exemptions prévues, mais aussi des efforts des gouvernements d’aider au retour des citoyens en situation irrégulière.
Images DR, screenshots: 1-Illustration d’un refus de visa 2-Le porte-parole du gouvernement congolais, Thierry Lezin Moungalla 3-Une vue des journalistes 4- Le ministre de l’enseignement Technique et professionnel, Thierry Maguessa Ebomé

