Le calvaire lié à l’approvisionnement en carburants dans les stations-service de Brazzaville depuis juin 2023 continue et devient un ‘‘casse-tête congolais’’ pour les automobilistes et autres consommateurs qui sont obligés par les pompistes à leur verser un pourboire de 2 000 à 5 000 FCFA avant de passer à la pompe acheter 20 à 25 litres d’essence ou de gasoil.
La situation qui ne semble pas se normaliser depuis, s’empire chaque jour et se transforme en boulet pour les usagers, à en croire les automobilistes qui ont crié leur ras-le-bol le 10 juin dans les stations de la capitale congolaise.
Selon Anicet Poaty, un conducteur de taxi bus, « les pompistes ont quelques fois du carburant dans les cuves, mais ils créent expressément une pénurie afin d’extorquer aux consommateurs des pourboires », précisant que pour la quantité de 25 litres de carburant, ils exigent un pourboire de 5 000 FCFA qui empiète sur la recette journalière.
A Dolisie, troisième agglomération de la République du Congo, la situation est similaire, a-t-on constaté. Dans les différentes stations-service la plupart du temps, les automobilistes sont accueillis par la phrase « y a plus de carburant ».
« Pourtant, il suffit de promettre 1 000 FCFA au pompiste en plus de vos 4 000 FCFA pour qu’on vous serve 5 litres d’essence et, le double pour 10 litres », a révélé Juste Lindzoubou, chauffeur de taxi suburbain, indigné par le fait que ces situations invraisemblables se déroulent dans un Etat qui est dit « producteur de pétrole », membre de l’OPEP et parmi les plus grands producteurs du continent.
La conséquence immédiate c’est l’augmentation non concerté des tarifs de transports en commun. Souvent les tarifs passent de 150 à 250 FCFA voir 500 FCFA pour les suburbains [Cent-cent, jargon congolais, ndlr] et de 1 000 FCFCA à 2 500 ou même 3 000 et 5 000 FCFA pour les taxis urbains, selon les distances à parcourir.
Il y a deux ans, ces pénuries étaient moins sévères qu’en 2024 et 2025. Le gouvernement qui n’a plus communiqué sur le sujet avait indiqué, en 2023, par la voix du ministre des Hydrocarbures, Bruno Jean Richard Itoua, que « La Coraf (Congolaise de raffinage, ndlr) est à l’arrêt depuis le 2 janvier 2023 pour les travaux de maintenance. La deuxième difficulté découle de la crise énergétique mondiale qui malheureusement se traduit par les prix très élevés des produits pétroliers sur les marchés internationaux auprès desquels la société nationale des pétroles du Congo (Snpc) s’approvisionne. »
Le ministre avait indiqué que des mesures avaient été prises en vue d’améliorer cette situation et, en attendant la reprise du fonctionnement de la Coraf, le pays s’approvisionnerait exclusivement par des importations.
La livraison prochaine de la raffinerie du Fouta, en construction depuis la fin de l’année 2021 devrait apporter une solution idoine à la crise en produits pétroliers et à la réduction de la dépendance du pays vis-à-vis des importations, qui s’élevaient à 140 millions de dollars (80,367 milliards de FCFA) en 2023.
Développée par la société chinoise Beijing Fortune Dingheng Investment pour un coût de 600 millions de dollars (344,432 milliards de FCFA), la raffinerie aura une capacité de production annuelle de 2,5 millions de tonnes de produits pétroliers, dont du diesel et de l’essence.
Images DR: 1,2,3-Images illustrant la pénurie des carburants 4-La raffinerie de Fouta qui sera mis en service bientôt.

