Par Koumba Lévê
La procureure de la République près les Tribunaux de grande instance de Pointe-Noire et du Kouilou, Stéphanie Ititi Tsibi a décidé jeudi, le 16 octobre à Pointe Noire, d’engager des poursuites judiciaires contre Maboundou Fortuné et Nzandzala Hérard Wilson pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort non intentionnelle et complicité de coups et blessures volontaires sur la personne de Sylvie Christelle Bassanti Divassa, lors d’un rituel religieux dit de délivrance spirituelle, le 5 octobre dernier.
Huit membres d’un groupe de prières partis de Pointe Noire se sont donné rendez-vous à Makola, près de Hinda (Nord-Est de Pointe Noire) pour une retraite dont le but était de pratiquer une délivrance spirituelle à une dame.
Pour cela, le rituel commandait qu’ils se tirent avec une arme à feu pour « chasser les démons » qui possédaient la victime.
« Les membres du groupe de prières étaient conviés à une séance de délivrance spirituelle ; une délivrance qui s’opérait par des tirs rituels sur les participants selon les rites ngunza. L’ensemble des éléments recueillis établit que le nommé Nzandzala Hérard Wilson a été le premier à tirer ; et son tir a visé Maboundou Fortuné. Par la suite, il remettait l’arme à ce dernier qui devait, lui, se charger de poursuivre le rituel sur les autres participants. Advenu son tour, dame Bassanti Divassa Sylvie Christelle, dernière sur la liste, s’écroulait après le tir », a expliqué la procureure.
Les deux prévenus passeront en jugement devant la cour criminelle lors de la session dédiée et seront jugés pour les chefs d’accusation retenus contre eux.
Leur interpellation a eu lieu après une minutieuse enquête confiée aux éléments des forces de sécurité de la capitale économique du pays.
Le 15 octobre, une « pasteure » congolaise, Lily Endangueke a été reconnue coupable de charlatanisme ayant conduit à la mort d’une enfant d’environ dix ans dans la ville de Ouesso, chef-lieu de la Sangha (828 Km au Nord du Congo). L’enfant a été roué de coups, selon le président du Tribunal de la localité. Sa dépouille présentait plusieurs hématomes et blessures.
La justice l’a condamnée à cinq ans d’emprisonnement ferme, 720 000 FCFA d’amende et 25 millions de FCFA de dommages et intérêts au profit de la famille de la victime.
De plus en plus de témoignages à la fois poignants et décevants font étalage des abus de groupes de prières allant des agressions sexuelles à l’escroquerie en bande organisée, en passant par la destruction des foyers, des crimes financiers, et des rituels étranges qui frisent le satanisme.
Dans les réseaux sociaux, des voix s’élèvent appelant l’Etat Congolais à prendre des mesures contre les chefs religieux autoproclamés et à réformer les lois cultuelles en République du Congo.
Photos, screenshots: 1-Les prévenus 2-La procureur de la République près les Tribunaux de grande instance de Pointe-Noire et du Kouilou, Stéphanie Ititi Tsibi 3-Une vue du public

