La coalition des structures des enseignants communautaires du Congo (CSEC2), réunie en assemblée générale le 12 novembre dernier, a décidé de débrayer dès le lundi 17 novembre prochain à 7 heures, pour exiger du gouvernement le paiement de leurs traitements y compris l’octroi de plus de 12 000 postes budgétaires.
En effet, depuis huit mois, l’ensemble des enseignants placés sous la responsabilité des collectivités locales « tirent le diable par la queue » en raison du non versement de leurs rémunérations.
La colère est montée d’un cran parce que, selon eux, aucune institution de la République n’a prêté attention à leurs revendications après qu’ils ont déposé leur cahier de charges le 29 septembre dernier dans toutes les institutions de la République.
« Malgré de multiples relances et promesses non tenues, aucune solution concrète n’a été apportée pour régulariser la situation financière, mettant en péril la dignité et l’engagement professionnel. Nous en appelons à une prise de responsabilité urgente de la part des pouvoirs publics, tout en affirmant que cette grève se poursuivra jusqu’à satisfaction totale des revendications, » a déclaré le rapporteur national de la coalition, Jean Richard Mantini.
L’assemblée générale a précisé que « cette décision ne devra souffrir d’aucune entorse tant que les revendications des enseignants communautaires ne trouveront pas leur satisfaction attendue. », a-t-il insisté.
Parmi ces revendications figure l’octroi d’un quota exercice 2026 de plus de 12 566 postes budgétaires au ministère de l’Enseignement préscolaire, primaire, secondaire et de l’alphabétisation (MEPPSA) dont 3 000 places aux communautaires avancés en âge pour procéder à une intégration massive de cette catégorie d’enseignants à la fonction publique.
Ils ont également exigé la signature d’un protocole d’accord entre le gouvernement et les comités de la société civile représentatifs des enseignants communautaires qui servira à la fois, pour mieux contrôler, évaluer et encadrer l’intégration des enseignants communautaires au cours des années à venir.
Le CSEC2 plaide en plus pour un encadrement réglementaire des procédures de licenciement d’un enseignant communautaire et le versement de huit mois de bourses, notamment le premier trimestre de l’année académique 2024-2025 et les mois de juin à octobre 2025 dans le cadre des payes trimestrielles pour compter du 18 novembre 2025.
Les enseignants communautaires vivent à peu près la même situation qu’a vécue une classe d’enseignants au Congo dans les années 1990 que l’administration se plaisait à surnommer « Appelés » et « Volontaires ».
Pourtant, dans les solutions envisagées pour résorber le déficit en personnel enseignant, évalué à 20 000 en 2016, en raison des départs à la retraite et de l’augmentation de la population scolaire, le gouvernement avait prévu l’actualisation du plan de recrutement pour intégrer 20 000 enseignants entre 2022 et 2025 à raison de 5 000 enseignants par année et d’augmenter le budget alloué aux enseignants volontaires, de 2 à 7 milliards de FCFA. Depuis, seuls 4 974 ont été recrutés de 2019 à 2022, indique-t-on.
Photos VOX/Adiac/DR: 1- Des enseignants communautaires à l’issue d’une assemblée générale 2- Une enseignante et ses élèves 3-Des enseignants au cours d’une journée de revendication

