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Nouvelle Constitution au Cameroun: Paul Barthélemy Biya se donne l’opportunité de choisir sa “succession éternelle”

par Achille Salesh Ngoma
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Les députés et sénateurs camerounais, réunis en congrès, discutent  sur une réforme constitutionnelle majeure présentée officiellement comme une opportunité de renforcer l’efficacité de l’État et à gérer la vacance du pouvoir, mais qui vraisemblement pourrait offrir au président Biya la chance d’imposer une succession constitutionnelle de son choix, pour l’éternité; avec la création d’un poste de Vice-président nommé par le président en exercice.

Selon ce projet de loi, le vice-président devient automatiquement le président de la République en cas de vacance de la présidence; contrairement aux dispositions de l’ancienne loi qui faisaient du président du Sénat l’intérimaire, le temps de l’organisation d’une nouvelle élection.

Dans la nouvelle loi, le président du Sénat ne pourrait assurer l’intérim que si le double empêchement du président de la République et du vice-président est constatée, ou si le poste de vice-président n’a pas été pourvu avant l’indisponibilité du président. A ce moment, le président du Sénat assure l’intérim pendant une période de 20 à 120 jours au cours de laquelle une élection est organisée. 

La loi, qui souligne que le président peut mettre fin aux fonctions du vice-président a  tout moment, n’accorde aucune autonomie constitutionnelle au vice-président dont la durée du mandat est taillée sur la mesure du mandat présidentiel en cours.

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Les observateurs ont compris qu’en cas de décès, de démission, ou d’empêchement définitif du président Paul Biya (93 ans), c’est le vice-président de son choix qui achèvera son septennat. Après la prise de fonction, ce dernier nommera à son tour un nouveau vice-président, jusqu’à la prochaine élection présidentielle.

En français facile, on peut conclure que la nouvelle constitution va permettre à Paul Biya et aux “faucons” de son entourage de dresser une liste de potentiels successeurs de l’actuel président afin de garder le palais d’Etoudi dans les main du RDPC; et peut-être sous le contrôle exclusif du groupe ethnique Beti-Fang.

Le 6 novembre dernier, lors de son investiture, M. Biya  a annoncé des réformes pour « une adaptation de nos institutions aux exigences de notre environnement ».

Photo PRC: Prestation de serment du président Paul Biya

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