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Une société minière chinoise accusée de profanation de tombes au village Elène dans le district de Souanké

par les défis du congo
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Par Gloria Claude Tsaty et Manuel Gomez

Des ressortissants du village Elène, à 53 km du district de Souanké dans le département de la Sangha (Nord), se plaignent de comportements déviants d’une société chinoise qui profite de son permis d’exploitation délivré par l’Etat congolais pour profaner les tombes de leurs ancêtres ; dans leurs forêts familiales.

Dans un document vidéo partagé sur les réseaux sociaux, Cyprien Atabo, porte-parole des villageois, explique que les chinois ont débarqué dans le village et ont commencé à dégager les forêts, depuis Elène jusqu’à Yangadou.

« On m’appelle Atabo Cyprien. Je suis fils de Akoul Collin, Akoul Collin fils d’Atabo Raphael, Atabo Raphaël fils de Mbazo’o fondateur légitime de ce village depuis les années 1700. Mes grands pères ont vécu ici, depuis la nuit des temps.  Ici c’est notre forêt. C’est notre patrimoine familial, tous nos pères, nos ancêtres ont vécu ici. C’est ici où on a des sites de rituels, là où les ancêtres invoquaient leurs esprits, lorsqu’il y avait des calamités dans le village », explique-t-il en visitant la branche paternelle de son arbre généalogique.  

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« Dans cette forêt que les Chinois ont dévastée, on a les tombes, les sépulcres de nos grands-parents, de nos pères, de nos sœurs, de nos mères. Les Chinois ont profané, avec comme prétexte que c’est l’Etat congolais qui leur a délivré un permis d’exploitation minière », poursuit M. Atabo, entouré de quelques habitants du village devant un espace fraîchement déblayé.   

Selon lui, la société chinoise, dont le nom n’a pas été mentionné, est arrivé à Elène situé à mi-chemin entre Souanké et Garabizam (à la frontière avec le Gabon) ; et « s’est mise à dégager les champs sans autorisation de nos belles-sœurs de nos belles-mères. »

Sur la toile, la vidéo accumule des vues et attirent l’attention des Congolais qui ne cessent de se plaindre des méthodes de travail peu orthodoxes des exploitants chinois qui, même lorsqu’ils sont détenteurs de permis légaux, saccagent et polluent l’environnement.  

« Vraiment, c’est dommage que ça soit les chinois qui viennent pour extraire nos minerais, quand nous les Congolais commenceront à exploiter nos terres nous-mêmes ? Les Congolais vont-t-ils exploiter sur les terres chinoises ? Arrêtons ce massacre et faisons comme les burkinabés. La patrie ou la mort nous vaincrons », a commenté Aude Matos qui estime que l’exploitation chinoise ne profite pas au pays.

Pour Primo Mpaka, cette situation devrait être prise au sérieux. « J’ai l’impression que l’on veut une chose et son contraire, a-t-il écrit. 

Photo screenshot: Cyprien Atabo en T-shirt bleu, s’inscrit en défenseur du patrimoine forestier des familles du village Elène dans la Sangha

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