Le président de l’Alliance pour la République et la démocratie (ARD), Mathias Dzon, face la presse vendredi le 5 juin, a critiqué la vision panafricaine du chef de l’Etat congolais, Denis Sassou Nguesso qui a récemment annoncé une mesure de suppression des visas d’entrée au Congo, pour les citoyens Africains.
Le 25 mai à Brazzaville, à l’occasion de la Journée de l’Afrique et en marge des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD), le chef de l’État congolais a officiellement annoncé la suppression des visas pour l’ensemble des ressortissants des pays africains se rendant en République du Congo, à compter du 1er janvier 2027.
Pour de nombreux Congolais, cette initiative est un acte fort pour promouvoir l’intégration continentale, le commerce intra-africain et la libre circulation des biens et des personnes comme le veut la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF).
Cependant, pour Matthias Dzon et l’Alliance pour la République et la démocratie (ARD) cette décision présidentielle est inopportune et pourrait être une source d’ennuis pour le Congo et son peuple.
« Elle porte une grave atteinte à la souveraineté nationale, à la sécurité publique, à la défense nationale et à l’identité congolaise. Cette décision fait courir au pays le danger d’un grand remplacement, c’est-à-dire d’une situation dans laquelle le nombre des étrangers serait supérieur au nombre des nationaux. Elle fait aussi peser sur le Congo le grave danger de perte de l’identité congolaise », a déclaré M. Dzon précisant qu’il ne nourrissait aucun sentiment de xénophobie ou de haine pour les étrangers.
Au cours de son échange avec la presse, le leader de l’ARD a aussi reproché l’inactivité du gouvernement sur les questions économiques et sociales, notamment « la galère extrême » des congolais caractérisée, selon Mathais Dzon, par la pénurie chronique de l’eau potable, de l’électricité et des carburants dans un contexte général marqué par la vie chère.
Enfin, le leader de l’ARD a dénoncé la gestion « calamiteuse » des passeports congolais par les pouvoirs publics ; malgré les efforts consentis par le nouveau ministre de l’Intérieur, Jean Olessongo Ondaye qui montre sa détermination à nettoyer le système.
« La délivrance de ce dernier est un véritable parcours du combattant. En effet, certains décideurs et gestionnaires du service des passeports ont transformé le passeport congolais en une marchandise rarissime qu’ils vendent à prix d’or », s’est plaint M. Dzon qui a rappelé que la libre circulation, selon les termes de l’article 22 de la Constitution du 25 octobre 2015, oblige l’Etat à délivrer cette pièce d’identité aux Congolais.
Photo DR: Mathias Dzon, président de l’ARD

