Le premier ministre, chef du gouvernement, Anatole Collinet Makosso, convoqué vendredi devant le Sénat à l’occasion des questions orales avec débat, s’est s’expliqué sur le contrat de concession et d’affermage conclu le 13 février avec la société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec) et a promis qu’il sera retiré si la population n’est pas d’accord.
Les Congolais, faisant écho des dernières sorties des syndicalistes depuis la signature de ces contrats d’affermage, ne sont visiblement pas pour « l’aliénation » de cet outil de souveraineté nationale. Cela peut être justifié par les réactions vitrioliques sur les réseaux sociaux, devenus un moyen de revendication et de pression sur les autorités.
Selon le chef du gouvernement, la décision de contracter avec Senelec a été prise pour résoudre le problème de déficit énergétique dans le pays car l’Etat manque de moyens pour assurer l’entretien des infrastructures de production devenues obsolètes. « Les révisions des turbines et des barrages n’ont pas été effectuées depuis plusieurs années, faute de ressources financières », a-t-il déploré.
« Nous avons pris la décision courageuse de régler cette question de la crise énergétique », a indiqué Anatole Collinet Makosso pour assurer qu’il ne s’agit pas d’une volonté du ministre de tutelle comme l’ont proclamé les agents de l’E2C qui tiennent mordicus à l’annulation de ce contrat qu’ils jugent être sans fondement.
Le premier ministre estime que le gouvernement aurait voulu libéraliser des barrages et centrales de production, les systèmes de transport d’électricité, ainsi que la distribution et de la commercialisation de l’électricité, pour améliorer la gestion. Mais les syndicats des agents d’E2C sont montés très vite au créneau pour désavouer la signature des deux parties.
Les syndicalistes ont prévenu que si cet accord n’est pas retiré, les agents déposeraient sur la table du gouvernement un préavis de grève dans les 7 jours qui suivent, et plongeraient le pays entier dans le noir.
Le président du Sénat, Pierre Ngolo a convié les deux parties à privilégier le dialogue pour une meilleure sortie de crise. « Nous vous poussons à l’action. Il faut que nous dialoguions et bien avec les différents partenaires », a-t-il conseillé.
Dans l’opinion congolaise, la décision du gouvernement a été saluée. Cependant, l’on se demande s’il s’agit juste d’un ‘‘délestage’’ pour réduire la tension entre le ministre et les agents de la société qui essaient malicieusement de faire de ce problème, une affaire d’Émile Ouosso ; ou d’un ‘‘débranchement au poteau’’ qui marque la fin du contrat.
Photo ACI: Le premier ministre, chef du gouvernement, Anatole Collinet Makosso

