Par Achille Salesh Ngoma
Accusé par ses détracteurs d’encourager la mauvaise gouvernance au sommet du pays, le président Denis Sassou N’Guesso a marqué la fin de sa campagne électorale par un appel à la moralisation de la vie politique; une menace polie en direction des gestionnaires publics qui se vautrent dans les antivaleurs.
« Il faut moraliser la vie publique. Celui qui a volé devrait avoir honte. Donc honte aux voleurs, honte aux corrupteurs et honte aux corrompus », a déclaré le candidat-président devant la marée humaine qui a honoré son dernier meeting vendredi, le 13 mars à Brazzaville.
Pour Denis Sassou N’Guesso, « la politique n’est pas un lieu d’enrichissement personnel, mais un engagement pour le bien du peuple et la grandeur de la nation. »
Ce message, d’une rare fermeté a provoqué une explosion sur les réseaux sociaux, étonnant de nombreux Congolais qui estiment que le président est trop laxiste vis-à-vis des agents qui détournent les deniers publics et organisent des réseaux de corruption dans les administrations et utilisent des étrangers comme écrans pour s’enrichir aux dépens du Trésor public.
« Le président sera vainqueur. Je prédis qu’il va encore nommer les mêmes personnes qui volent l’argent de l’Etat alors que le peuple veut les voirs tous limogés», a déclaré Pamphile, un jeune militant du PCT qui pense que le président peut même gagner la confiance de ses adversaires « s’il sort la chicote contre les partisans de la corruption, qui ruinent le pays. »
En appelant au sursaut moral dans la vie publique, le président sortant veut rappeler qu’une nation prospère se construit sur l’intégrité et la probité de ceux qui gèrent les affaires publiques. Tout porte à croire que s’il est réélu, le chef de l’Etat sera sans pitié pour ceux qu’il a appelé “voleurs”, “corrupteurs” et “corrompus.”
« Il y a quelques jours, les dirigeants de la FECOFOOT ont écopé de peines de prison lourdes pour détournement des fonds alloués par la FIFA, mais nous attendons depuis 2024 de connaître ceux qui ont détourné plus de 6 milliards de bourses des étudiants et les sanctions qui correspondent », a regretté Alex qui veut croire que cette fois-ci Denis Sassou Nguesso ne fera de cadeaux à personne.
Photo DR: Le président de la République lors de son dernier meeting vendredi, le 13 mars à Brazzaville.

