Les discussions préliminaires avec l’administration Trump sont cours et concernent l’accueil de migrants expulsés des États-Unis vers un pays tiers, a affirmé à la Télévision nationale, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe.
« C’est exact, nous sommes en pourparlers avec les États-Unis », a déclaré le chef de la diplomatie rwandaise, qui a souligné qu’il est « prématuré de tirer des conclusions quant à leur issue ».
« Nous n’avons pas encore atteint un stade où nous pouvons dire exactement comment les choses vont se dérouler, mais les discussions sont en cours. Elles en sont encore qu’à leurs débuts », a-t-il précisé.
Depuis quelques années, le Rwanda ; dont la superficie de 26 338 km2 n’offre pas assez d’espace à ses citoyens, se positionne comme partenaire des pays occidentaux qui souhaitent se débarrasser d’immigrants sans-papiers, mais ne savent où les déposer.
Contre compensations financières, Kigali n’hésite point d’ouvrir ses frontières pour accueillir et héberger les infortunés en attendant leur éventuelle relocation dans les pays d’origine ou ailleurs.
En 2022, le Rwanda et le Royaume Uni ont signé un accord controversé ayant suscité de nombreuses manifestations avant d’être abandonné en 2024. Le Rwanda accueille déjà des migrants refoulés par d’autres pays, notamment de la Libye, et qui sont en attente de relocalisation, dans le cadre d’un partenariat avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
Kigali a aussi signé un accord avec le Danemark pour consolider la coopération en matière d’asile et de migration et a accueilli des migrants africains expulsés par Israël.
Depuis son retour à la Maison Blanche, M. Trump a recours à des mesures brutales et traumatisantes pour maîtriser l’immigration, notamment des expulsions par avions militaires vers des destinations parfois surprises pour les migrants.
Le gouvernement américain a donné une mise garde ferme à certains pays qui refusent d’accueillir leurs ressortissants expulsés, allant jusqu’à révoquer des visas ou à interdire la délivrance de nouveaux visas. Le Sud-Soudan était le premier à en faire les frais en avril dernier lorsque Marco Rubio a révoqué les visas de ressortissants sud-soudanais.
Images DR/UN: 1-Le Secrétaire d’Etat américain Marco Rubio et le ministre rwandais des Affaires étrangères Olivier Nduhungirehe 2-Le HCR visite des refugiés séquestrés en Libye 3-Manifestation contre le deal anglo-rwandais sur les migrants vivant au Royaume Uni

