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L’Union Africaine essaie de bidouiller l’élection du directeur général de l’UNESCO avant le scrutin prévu en novembre

par Achille Salesh Ngoma
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50 ans après le sénégalais Amadou-Mahtar M’Bow, l’Afrique n’a plus eu la chance de diriger, au sommet, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO). Jusqu’en mai 2025, elle était assise sur la bonne chaise, avec la candidature du Congolais Firmin Edouard Matoko dont l’expérience solide en qualité de sous-directeur général de l’institution et la vaste culture générale amoindrissent considérablement les chances de ses trois adversaires.

Alors que la campagne du Congolais a atteint une vitesse de croisière, avec le soutien de nombreux pays africains et occidentaux, le département des Affaires politiques, paix et sécurité de l’Union africaine a créé le trouble en ‘‘nommant’’ le candidat égyptien, Khaled El-Enany au ‘‘poste’’ de candidat de l’Afrique. Une démarche étonnante pour de nombreux observateurs.

« la Commission de l’Union africaine (Département des Affaires Politiques, Paix et Sécurité) voudrait solliciter l’appui de tous les Etats membres au Dr Khaled El-Enany de la République Arabe d’Egypte (Région Afrique du Nord) en tant que candidat africain au poste de directeur général de l’UNESCO pour la période 2025-2029, pour l’élection qui se tiendra au dernier trimestre 2025, à Paris, France, tel qu’il a été approuvé par la 44ème session ordinaire du Conseil exécutif et reconfirmé par la 45ème session ordinaire du Conseil exécutif », souligne un communiqué publié le 12 mai.

Ce communiqué, largement repris par de nombreux médias arabes qui l’utilisent pour encenser la candidature de El-Enany, a été suivi le 21 mai par une déclaration conjointe Union africaine-Union européenne à l’issue de la troisième réunion ministérielle des deux institutions, le 21 mai 2025 à Bruxelles, et « a pris note de l’approbation par l’Union africaine de la nomination de Khaled El-Enany au poste de Directeur général de l’UNESCO pour la période 2025-2029 », comme l’écrit le journal egyptien en ligne, AhramInfo qui a révélé  qu’un communiqué du ministère égyptien des Affaires étrangères, publié le vendredi 23 mai, considère le micmac de l’UA comme le  reflet du « consensus continental sur l’importance de la représentation de l’Afrique à ce poste international de premier plan, et la conviction de ses dirigeants dans la capacité du candidat égyptien à défendre les priorités de l’Afrique au sein de l’UNESCO ».

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Aucune disposition ne limite le nombre de candidatures par région, indiquent des observateurs qui affirment qu’en allant avec deux candidats, l’Afrique a plus de chances d’en bénéficier que de perdre. Ces sources rappellent que lors de la dernière élection au poste de directeur général de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) l’Afrique avait 3 candidats, notamment Ngozi Okonjo-Iweala du Nigeria, M. Abdel-Hamid Mamdouh de l’Egypte et Amina Mohamed du Kenya ; parmi les huit en lice. A l’issue du vote, c’est la Nigériane  Ngozi Okonjo-Iweala qui a succédé à Roberto Azevêdo au poste de directeur général de l’OMC, note-t-on.

La démarche de l’Union africaine, en pleine campagne électorale, est un acte malveillant contre le Congo qui a toujours soutenu les positions panafricaines lors des évènements de cette envergure.

Selon une source proche de la campagne de Firmin Edouard Matoko, l’Afrique a perdu aux dernières élections du secrétaire général de l’UNESCO, alors qu’elle n’avait qu’une candidature chaque fois, ce qui conforte la campagne de M. Matoko sur ses chances de l’emporter en novembre. 

« Les deux candidatures africaines pourraient renforcer les chances du continent à avoir un de ses dignes fils à la tête de l’UNESCO. Ce qui peut constituer un atout majeur pour qu’un parmi nous deux puisse arracher la victoire finale », a déclaré M. Matoko lors d’une rencontre avec les ambassadeurs et chefs des missions diplomatiques installés au Congo, en mai 2025.

Selon le site officiel de l’UNESCO, le directeur général est nommé par le Conseil exécutif, qui se compose de 58 Etats membres. Bien avant cette étape, le Conseil se réunit pour sélectionner le candidat, puis la Conférence générale nomme le directeur général pour un mandat de quatre ans, renouvelable une fois. La personne nommée par le Conseil exécutif est choisie au scrutin secret lors d’un vote organisé pendant la session en cours.

Actuel Sous-directeur de l’Unesco chargé de la priorité Afrique et des relations extérieures, M. Matoko pourrait succéder à Mme Audrey Azouley si les électeurs considèrent les critères de compétence, d’expérience et de culture générale devant les pesanteurs politiques. Ce candidat qui maîtrise les arcanes de l’UNESCO jusqu’à la couleur de la cave y a gravi les échelons à travers des missions stratégiques de haut niveau, et contribué à façonner cette institution.

Son ambition est de faire de l’Afrique, une force dynamique sur la scène internationale et l’UNESCO un accélérateur de l’Agenda 2063 de l’Union africaine et non simplement un partenaire technique et financier. Firmin Edouard Matoko se considère comme le candidat de toutes les nations et de tous les peuples.

“Je ne viens pas prolonger une trajectoire. Je viens pour ouvrir un cycle. Serviteur fidèle de cette maison depuis des années, je pense modestement la connaître dans ses moindres recoins. Je l’aime profondément. J’en mesure les grandes réussites, et elles sont très nombreuses. Mais je connais aussi ses fragilités : la dispersion des programmes, le poids des processus bureaucratiques, l’instabilité des ressources, la politisation excessive. Ces faiblesses suscitent, à juste titre, des appels à la réforme”, a déclaré le Congolais lors de son entrée en campagne le 10 avril dernier.

Images DR: 1-Siège Union Africaine à Addis Abeba en Ethiopie 2.3,4 -Le Congolais Firmin Edouard Matoko à l’ouverture de la campagne au siège de l’UNESCO à Paris

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