Les syndicats des transporteurs taxis-motos de Brazzaville ont rappelé, le lundi le 30 juin, aux expatriés exerçant dans ce secteur qu’ils ne sont plus les bienvenus dans ce secteur, évoquant des raisons sécuritaires au-delà des dispositions du décret portant réglementation du secteur.
Pour rassurer leurs collègues de nationalité étrangère, un responsable syndical a brandi le décret signé par les ministres des Transports ; de l’Economie et des Finances ; de l’Intérieur et le premier ministre, chef du gouvernement.
Dans son article 9, le décret N° 2024-324 du 9 juillet 2024 stipule que « l’exercice de la profession de conducteur de motocyclettes dans le transport public des passagers est spécifiquement réservé aux personnes de nationalité congolaise, sans distinction de genre. »
« Ce document n’est pas un arrêté, mais un décret, signé par quatre ministres dont le Premier », a précisé le syndicaliste qui a intimé l’ordre au président du collectif des motocyclistes de mettre hors du bureau tous les responsables de nationalité étrangère.
« Aujourd’hui c’est le bureau qui est frappé ; demain ce sera le parking. Si vous avez compris ce message, alors préparez-vous dans les parkings », a prévenu le même syndicaliste sous les applaudissements et les ‘’hourra’’ des motocyclistes.
Les nationalités visées sont notamment originaires de la République démocratique du Congo (RDC), du Rwanda, de la République centrafricaine et des pays Ouest-africains tels que le Mali, le Sénégal, le Bénin et le Togo.
« Ne vous méprenez pas sur le sens de notre action ; nous n’avons aucun problème avec vous, mais ce sont les autorités qui ont pris la décision et nous l’appliquons », a rassuré l’autorité syndicale.
Les motocyclistes congolais expliquent leur montée au créneau en raison de la hausse fulgurante du taux de violences et enlèvements impliquant les conducteurs de motos-taxis, pour certains. D’autres ne cachent pas la souveraineté et dénoncent le laxisme des autorités qui ne protègent pas le secteur informel en faveur des chômeurs congolais.
En effet, le Congo est l’un des rares pays en Afrique où les étrangers bénéficient de la facilité d’exercer dans des domaines où les Congolais vivant dans d’autres pays ont du fil à retordre.
Pour lutter contre le chômage des jeunes, femme et hommes, au Congo, le gouvernement a décidé de rouvrir le secteur du transport en commun aux motocyclistes après l’avoir interdit en 2006 en raison de la fréquence des accidents qui ont endeuillé plusieurs familles et handicapé d’autres.
Images DR: 1-Des moto-taximen attendant les clients dans un parking 2,3-Des vues de la réunion des motomen congolais à Brazzaville

