Par Cyr Yoba et Achille Salesh Ngoma
A l’occasion de leur rentrée politique de l’opposition célébrée au siège de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS), dix-sept formations de l’opposition congolaise ont signé, le 15 juillet dernier, un manifeste pour créer une alternative crédible à la majorité présidentielle au pouvoir à Brazzaville et réaliser l’unité et la cohésion de l’opposition.
Dans le préambule du manifeste, les leaders des dix-sept partis politiques précisent que « l’opposition demeure indispensable dans une démocratie pluraliste, d’une part, pour défendre les valeurs républicaines, garanties par la Constitution, d’autre part, pour maintenir l’équilibre entre les blocs politiques qui concourent à l’expression du suffrage universel. »
Au cours des deux derniers trimestres, c’est le troisième regroupement politique créé au sein de l’opposition congolaise, posant définitivement la question sur l’opportunité de ces regroupements qui font penser à des mangeoires du franc électoral.
La nouvelle alliance regroupe notamment le Parti républicain et libéral d’Antoine Thomas Nicéphore Fylla Saint Eudes ; le Mouvement national pour la libération du Congo de Michel Mboussi Ngouari ; le Mouvement pour les intérêts des Congolais et pour le salut d’Ernest Bonaventure Bavoueza Mizidi ; l’Union des démocrates et des libéraux de Gaspard Kaya-Magane ; l’Union des forces vives de la nation de Jean Michel Ebaka, le Mouvement républicain de Destin Mélaine Gavet Elongo.
On y compte également le Congrès pour la démocratie et la République de Bonaventure Bouzika ; le Conseil national des républicains de Frédéric Bintsamou « Ntumi » ; le Comité d’action pour le renouveau de Clotaire Mboussa Ellah ; l’Union pour la restauration du Congo de Dominique Basseyla, mais aussi le Congrès des démocrates africains de Christ Antoine Walembaud ; l’Union des démocrates humanistes-Yuki de Joseph Badiabio ; le Parti congolais écologiste et d’éthique de Jean Ebina ; le Mouvement pour l’unité, la solidarité et le travail de Claudine Munari ainsi que l’Union pour la démocratie et la République -Mwinda de Guy Romain Kifoussia.
Ce regroupement de partis se veut une alternative politique crédible au pouvoir en place à Brazzaville et souhaite exercer les prérogatives dévolues à l’opposition conformément à la Constitution, aux lois et règlements du pays.
L’histoire récente du pays montre que les alliances et les regroupements politiques créés à la veille des élections n’ont pas toujours servi la cause du peuple congolais, mais les intérêts des leaders politiques qui ont souvent lâché leurs collègues lorsqu’ils se sont retrouvés dans un tourbillon.
Pour ce nouveau rapprochement, les leaders des dix-sept partis ont promis de faire la promotion des valeurs de partage, de solidarité, d’équité, de dialogue, de transparence et de respect mutuel en politique ; œuvrer pour le respect de la biodiversité et de l’environnement ; renforcer l’image de l’opposition à l’intérieur et à l’extérieur du pays.
En engageant leur signature dans le Manifeste, les leaders de l’opposition ont pris l’engagement à œuvrer pour la mise en place d’une gouvernance électorale fiable et équitable ; à œuvrer pour la restauration de l’Etat de droit à travers le respect des droits de l’homme et des libertés publiques ; à travailler pour la conclusion d’un Pacte républicain comme nouveau contrat social, afin de mettre le pays sur la voie de la démocratie participative et du développement.
Hôte de l’évènement, Pascal Tsaty Mabiala, par ailleurs Premier secrétaire de l’UPADS a indiqué que la formation qu’il a héritée du Pr Lissouba reste et demeure favorable à une éventuelle unité de l’opposition politique pourvu qu’elle serve la paix, la cohésion nationale et le développement du Congo.
Photo Adiac: Les partis signataires de la nouvelle alliance politique de l’opposition

