Accueil CULTURELe Congo pleure ; l’artiste-musicien Achille Mouebo n’est plus

Le Congo pleure ; l’artiste-musicien Achille Mouebo n’est plus

par les défis du congo
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Par Koumba Lévê

Le chanteur, auto-compositeur et artiste populaire congolais, Achille Mouebo, de son nom de scène le « Roi du Mutemfo » a été retrouvé mort tôt dans la matinée de mardi, le 21 octobre, dans sa maison au quartier OCH, dans le 1er arrondissement Emery-Patrice Lumumba à Pointe Noire.

Pour l’heure, la cause du décès n’a pas encore été déterminée. Mais selon le représentant du chef du quartier, les premiers indices font penser à une mort suspecte.

« Quand la gendarmerie est arrivée, on a vu des trucs suspects sur lui. Il tenait un insecticide dans sa main droite, que la gendarmerie a emporté avec elle », a-t-il déclaré.

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Panique, pleurs, remue-ménage ; parents, voisins et fans ont envahi la cour de son domicile avec plus de questions que de réponses pour tenter de comprendre ce drame qui coupe le souffle à quelques proches.

« A l’époque où j’étais mécanicien, on m’appelait ‘’Virus’’ au quartier Mawata. Mais quand il m’a pris dans son orchestre, il a changé mon nom en ‘’Antivirus’’. C’est un manque à gagner pour tous les artistes », a clamé le musicien Antivirus.

Emballée dans un grand drap bleu, la dépouille du roi du Mutemfo est sortie de sa maison sur un brancard en direction des pompes funèbres, escortée par les gendarmes.

Né le 10 septembre 1971 à Pointe Noire, Achille Mouebo était fils de policier ; Etienne Mouebo. Victime de moqueries durant son enfance en raison d’un handicap à la jambe gauche, il a transformé cette épreuve en force et a décidé de monter sur scène pour prouver que le handicap n’est pas une fatalité en signant  « Satan m’a jalousé », qui l’a fait remarqué au plan national dans les années 90. 

C’était le début d’une riche carrière musicale. Grâce à son style unique, il est très vite devenu une source d’inspiration ; souvent salué comme une fierté nationale par ses fans. 

Tout au long de sa carrière qui a duré une trentaine d’années, le Mutemfo-man a multiplié des sorties telles que « Filiation » en 2001 ; « Vipère » en 2005 ; « Kiwisa » en 2006 ; « L’invité » en 2007 ; « Onésime » et « Faux prophète » en 2011 ; « Crise morale » en 2015. Le Mutemfo-pop, son style musical, s’exprimait dans plusieurs langues notamment  le français, le lingala, le munukutuba et le kugni, sa langue maternelle. 

L’artiste s’en est allé rejoindre un autre, décédé le 10 mai 2008 ; Rapha Boundzeki, avec qui il a chanté en duo dans « L’invité n’invite pas », « Bakala ya yaya », « Tout doux », « Kiwissa », etc.  

Très apprécié par la jeunesse mais également par une bonne frange d’adultes, Achille Mouebo était un fervent supporter de l’Athletic Club Léopard de Dolisie.

Durant sa carrière, il a reçu de nombreuses distinctions honorifiques et prix dont le Prix spécial “Musique métisse” lors des Tam-Tam d’or de 2009 à Owando, dans le département de la Cuvette.

A l’heure où il s’est incliné pour l’éternité, l’artiste était en promotion pour son dernier maxi-single « Station-Service », sorti en 2024 et qui comprend des titres tels que « Vie sans vie », « Kunin » et « L’amour chewing-gum ». 

Photos DR: 1,3-Achille Mouebo de son vivant 2-La foule en détresse à l’annonce de la mort

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