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Après Mayoko dans le Niari, un nouveau saccage écologique exposé à Sounda dans le département du Kouilou

par les défis du congo
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Par Salesh Achille Ngoma

C’est une chaîne de télévision locale de Pointe-Noire qui a révélé l’exploitation sauvage de l’or à Sounda, dans le district de Kakamoeka (département du Kouilou) dont les populations se sont mobilisées sur un chantier pour exiger l’arrêt des activités et le départ sans condition des Chinois qui opèrent dans leur contrée.

Tout en reconnaissant la légitimité des pouvoirs publics dans l’attribution des permis d’exploitation et la délimitation des zones réservées aux exploitants légaux, les populations s’offusquent de l’insouciance des entreprises chinoises qui se livrent à un pillage impitoyable des ressources et à la destruction de l’environnement.

Selon la source, les populations de Sounda et des villages environnants sont prêtes à sacrifier leurs vies pour obtenir la fermeture du chantier de la société ‘‘First Republic Ressources’’, engagée au Congo dans le cadre du permis d’exploitation aurifère dit « Loaka-or » dans le département du Kouilou.  

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Les populations se plaignent de la pollution de la rivière et craignent la destruction du site réservé à la construction du barrage hydroélectrique de Sounda, l’une des promesses du chef de l’Etat au district de Kakamoeka qui lui a accordé cent pour cent de suffrages à la dernière élection présidentielle.

Les citoyens en ont ras-le-bol

« Vraiment, nous avons cherché à déstabiliser ces Chinois. Ils vont partir aujourd’hui.  Qu’ils partent ! C’est vraiment regrettable », hurle un des manifestants dans un reportage vidéo partagée sur les réseaux sociaux, tandis que d’autres, en arrière-plan, lancent en chœur « Ils n’ont qu’à partir ! ».

Pour eux, il n’y a aucune preuve dans les médias que le gouvernement a autorisé ‘‘First Republic Ressources’’ à s’installer juste au niveau du barrage où les dégâts constatés font monter la colère.  « Nous agissons ainsi pour voir si réellement le gouvernement a donné une telle autorisation aux Chinois », soutient un porte-parole des populations.

En termes de dégâts, on note la dégradation du périmètre réservé à l’école et d’une grande partie du sanctuaire sacré du terroir ; depuis le lancement de l’activité. Les destructions pourraient s’aggraver après les opérations de dynamitages prévues à l’issue d’un rituel coordonnées entre les responsables de la société et une famille qui se déclare propriétaire des terres exploitées.     

A part la pollution et les graves dommages sur les écosystèmes, les populations redoutent aussi le débordement des eaux des rivières et la destruction du pont de Sounda qui pourraient les isoler du reste du département.  

« C’est toute la population qui demande le départ des Chinois. Qu’ils aillent exploiter ailleurs », a martelé un homme qui semble investit de pouvoir au niveau local ou départemental. Il explique et précise qu’il n’y a pas eu de pillages ni de bagarres sur le site et que la situation s’est dénouée pacifiquement.   

Sociétés différentes, même méthodes d’exploitation et même constat de saccage

Du département du Kouilou à celui de la Sangha, en passant par ceux du Niari et de la Cuvette Ouest, le constat reste le même.  Des forêts défigurées, le sol éventré et des rivières aux eaux visqueuses, multicolores et puantes. Là où il y avait autrefois une nature vivante, nourricière et indispensable aux populations, les activités minières laissent des dégâts presque irréparables.

Le district de Mayoko est l’un des terrains de cette constatation. Il y a une semaine, un internaute a filmée une vidéo dans une exploitation aurifère chinoise montrant le saccage de la forêt et de la rivière Bakouhoudou dont dépendent les populations de Tsinguidi pour leur survie.

Labas, c’est la société ‘‘Good Luck’’ qui règne comme si elle était en mission d’extermination de l’environnement. Dans la vidéo amateur, le vidéaste montre un long couloir de terre retournée, des arbres de tous diamètres couchés par dizaines, des marres d’eaux boueuses et des engins excavateurs piochant avec la rage de récupérer la moindre pépite du métal précieux à chaque coup de pelle.

« Mes frères Congolais, regardez ! J’ai même envie de pleurer. Quel saccage ! Pas de commentaire ! Regardez comment ils ont saccagé la forêt ! » entend-on ce citoyen se plaindre da sa vidéo tout en interpelant le ministre de l’environnement, les députés et les élus locaux.

L’Etat doit agir pour sauver les écosystèmes

Pour de nombreux observateurs de la société civile, un audit des techniques d’exploitation des compagnies chinoises s’impose, car partout où elles sont installées sur l’étendue du territoire nationale, les plaintes des populations sont les mêmes lorsqu’il s’agit de la dégradation de l’environnement.

Sur les réseaux sociaux, d’autres observateurs estiment que ces exploitants ont des ‘‘parapluies’’ dans les administrations qui ont le pouvoir de contrôler leurs activités.  

« Si la population est convaincue que les sociétés chinoises ne respectent pas notre environnement et leurs obligations, c’est que dans les administrations départementales et les ministères il y a des Congolais qui en savent quelque chose », a réagi un citoyen qui se demande pourquoi « les criminels écologiques ne sont pas inquiétés comme les délinquants fauniques, par exemple ? »

Selon lui, les organisations environnementales doivent alerter le président Denis Sassou N’Guesso dont le prestige et la noble contribution dans la protection de la biodiversité au niveau international sont ternis par le vandalisme des sociétés aurifères du pays.

Photo Screenshots: Quelques vues du site aurifère de Sounda

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