Par Cyr Yoba et Salesh Achille Ngoma
Christian Yoka a été nommé, samedi, ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public lors du léger remaniement ministériel opéré par le chef de l’Etat, Denis Sassou Nguesso.
Juriste de formation, Christian Yoka est titulaire d’un DESS en droit et fiscalité de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne et d’un master en droit bancaire et financier de l’Université de Boston.
Neveu du président de la République, il faut le dire, Yoka ne semble pas être bénéficiaire d’une faveur familiale. Ce technocrate congolais a un background rare auréolé de succès à travers l’Afrique et la France. Il était, depuis juillet 2021, le directeur Afrique de l’Agence Française de Développement (AFD).
Ce quinquagénaire, défini comme humble et serviable par ceux qui l’ont côtoyé, dispose d’une longue expérience de terrain sur le continent africain. Bien avant, il a dirigé la région Afrique de l’Est de 2018 à 2021. Il fut directeur régional pour le Cameroun, la République centrafricaine et la Guinée équatoriale de 2016 à 2018 ; et directeur régional pour l’Éthiopie, le Soudan, le Sud-Soudan, l’Erythrée et la Somalie, de 2013 à 2016.
Ces domaines d’expertise sont la macroéconomie, la géopolitique et le financement des projets, des atouts majeurs pour le Congo dans un monde imprévisible et en perpétuelles mutations.
Parmi les nombreuses missions qui attendent le nouveau ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public figurent l’assainissement des finances publiques et l’accomplissement du Plan national de développement (PND) 2022-2026 et la réforme du Trésor public à travers un passage en souplesse du Guichet unique de paiement (GUP), dont les missions sont actuellement dévolues à la banque postale du Congo, au Compte unique du Trésor (CUT).
Monsieur Yoka remplace à ce poste Jean-Baptiste Ondaye qui y a passé un peu moins de trois ans (2022-2025) et qui, visiblement, vient de faire les frais d’un bras de fer avec le chef du gouvernement au sujet de la réforme du GUP.
Dans un pays où la nomination de parents à des hautes et prestigieuses fonctions est souvent vue sous l’angle du favoritisme, Christian Yoka se retrouve devant le défi de défendre son brillant bilan à la tête de l’AFD et de démentir ses détracteurs.
Aura-t-il les mains libres ?
Photo DR: Christian Yoka, ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public

