Par Cyr Yoba
Le gouvernement de la République populaire de Chine a annoncé, le jeudi 12 juin à l’issue de la réunion des coordinateurs du forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) qui a eu lieu à Changsha, la suppression de tous les droits de douane sur les exportations de tous les pays africains, à l’exception de l’Eswatini qui continue de reconnaitre l’indépendance de Taïwan.
La décision chinoise qui peut s’apparenter à un « gigantesque cadeau » et un « camouflet » pour les adversaires de la Chine, s’inscrit dans le cadre d’un plan intitulé « Partenariat économique Chine-Afrique pour un développement partagé » qui vise à encourager les échanges commerciaux, tout en compensant une balance largement favorable à la Chine.
Ces exonérations porteront sur 98 % de lignes tarifaires et couvriront des produits agricoles, manufacturés, ou miniers ; dans une volonté claire de diversifier les importations en provenance d’Afrique, ce géant continent qui sommeille sur des milliards de dollars de matières premières vitales et que chaque grande puissance mondiale voudrait s’approprier, y compris par des stratagèmes.
L’objectif poursuivi en supprimant les droits de douane est, pour la Chine, d’encourager les pays africains à exporter davantage de produits manufacturés ou bruts vers le marché intérieur chinois par l’entremise d’une production locale renforcée.
« C’est une avancée historique qui montre que la Chine traite les pays africains comme de véritables partenaires », a déclaré en marge du forum, Wang Yi, le chef de la diplomatie chinoise qui a avoué que la Chine ne veut pas seulement « vendre » en Afrique ; mais aussi « acheter » au continent.
Jusqu’en fin mai, seulement trente-trois pays africains, classés parmi les moins évolués, bénéficiaient de cet avantage sur le marché chinois.
En 2024, les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique ont atteint près de 300 milliards de dollars (170 467,322 milliards de FCFA) dont un peu plus de 62 milliards de dollars, soient 35 230 milliards FCFA, d’excédent en faveur de la Chine, selon les données officielles, jetant quelques fois le doute sur le caractère « gagnant-gagnant » tant vanté par la partie chinoise.
Les principales économies industrialisées d’Afrique, comme l’Afrique du Sud, le Kenya, le Nigeria, l’Égypte ou encore le Maroc, devraient être les premières à bénéficier de cette mesure. Pour les pays les moins avancés, Pékin a promis un soutien additionnel à travers des « programmes de formation, de certification et de marketing », afin de permettre à ces économies de profiter de l’ouverture.
Mis en place en octobre 2000 à Pékin, le FOCAC est le plus ancien forum régional instauré par la Chine dans le but de favoriser ses relations avec les pays africains. Il a pour objet de mener des consultations sur un pied d’égalité, d’approfondir la connaissance mutuelle et d’élargir les terrains d’entente.
Cette coopération entre la Chine et l’Afrique s’est renforcée en 2006, lorsque Pékin a lancé un fonds de développement de cinq milliards de dollars assorti de prêts sans intérêts destinés aux pays africains. Actuellement, la coprésidence de ce sommet est assurée par la Chine et le Congo pour la période de 2024 à 2027 et sera marquée par la tenue de la dixième Conférence ministérielle du FOCAC en 2027, sur le sol congolais.
Images DR: Quelques vue des rencontres dans le cadre de la coopération Chine-Afrique

