La ministre des Transports, de l’Aviation civile et de la Marine marchande, Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas a mis fin jeudi à deux semaines de « visite du propriétaire » dans les différents départements relevant de son ministère à Pointe Noire et dans le Kouilou. Elle en est sortie avec un énorme pincement au cœur pour l’état de délabrement avancé des infrastructures du Chemin de fer Congo-Océan (CFCO).
Dans les ateliers situés au lieu-dit « Km4 », la ministre n’a pas caché son amertume face à ce que devient l’un des fleurons de l’économie du Congo. Le constat est sans appel.
« Les infrastructures sont vraiment vétustes, obsolètes ; les équipements délabrés font peine à voir », a regretté Mme Ebouka-Babackas.
Devant la gare de Pointe Noire, bâtiment monumental, devenu une curiosité touristique, la ministre a eu de la peine pour sortir des mots encourageants, sauf pour honorer les cheminots qui, en dépit des 39 mois d’impayés salariaux, demeurent rompus à la tâche même s’ils demeurent pleins d’interrogations quant à leur avenir personnel et professionnel.
« Nous sommes aujourd’hui devant le bâtiment de la gare centrale du CFCO. Ce bâtiment emblématique qui représente même la signature de Pointe-Noire n’est pas en bon état », a déploré la ministre des Transports avant de reconnaître avec élégance que « les cheminots, l’ensemble des travailleurs du CFCO, sont des personnes courageuses et déterminées. Ces personnes travaillent, malgré les conditions très difficiles, cela nous donne comme un encouragement à accomplir notre mission, une volonté politique forte d’aller de l’avant et de trouver donc des solutions en vue de sauver le Chemin de fer Congo-Océan. »
Dans la foulée, Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas a annoncé, la tenue prochaine d’une table ronde pour réfléchir sur les moyens à mettre en œuvre afin de relancer l’activité du chemin de fer qui, jadis, a fait la fierté du Congo au niveau de la sous-région grâce à sa connexion avec le port atlantique en eaux profondes de Pointe Noire, hyper sollicité par les pays voisins et le port fluvial de Brazzaville, porte ouverte sur la RDC et la RCA plus au Nord.
« En matière de transport ferroviaire, il doit s’agir notamment de moderniser le CFCO, en le mettant aux pas standards, en vue de favoriser l’interconnexion sous-régionale, construire des voies ferrées reliant les zones industrielles en général et celles de productions minières en particulier au réseau modernisé du CFCO ; construire des voies ferrées reliant des zones de production minières de la partie nord du pays aux cours d’eau navigables de la même partie », a promis Mme Ebouka-Babackas.
Construit de 1921 à 1934 pour écouler les matières premières issues de colonies (Moyen Congo, Oubangui Chari, Tchad et Gabon) en direction de la métropole française, le CFCO s’étendait sur 515 Km avant de jouir d’un deuxième tronçon Dolisie-Bilinga (91 Km) dans le cadre du réalignement et d’hériter, au début des années 1990, des 285 Km de l’ex-voie Comilog entre Mont-Belo et Mbinda au Nord de la région du Niari
Quelque 1 619 cheminots y travaillaient encore au 31 décembre 2024, parmi eux on compte 1 064 agents d’exécution, 450 agents de maîtrise et 127 agents d’encadrement. Mais ces statistiques baissent régulièrement avec les départs à la retraite.
Le CFCO peut encore rebondir si la volonté politique s’affiche clairement et si des partenaires économiques ambitieux se lèvent. Les regards des cheminots, des opérateurs économiques et des Congolais qui dépendent du Chemin de fer sont désormais tournés vers Mme Ebouka-Babackas et le gouvernement, pour la matérialisation de la table ronde annoncée.
Photos ACI/ADIAC/LECB: 1- Visite des ateliers par la ministre des Transports 2- Constat de délabrement de la Gare de Pointe-Noire 3- Wagon d’un train en déraillement 4- Agents d’entretien des voies 5- Agent de maintenance au pied d’un train en déraillement 6- Visite des ateliers.

