Par Stéphane Lestin et Cyr Yoba
La pluie diluvienne qui est tombée mercredi, le 16 avril, de 5 heures à 10 heures du matin sur Brazzaville n’a pas fait que des heureux ; la rivière ”Madoukou Tsékélé”, un des principaux cours d’eaux de la capitale Congolaise est sortie de son lit en raison d’une crue impressionnante, ralentissant la circulation dans une partie de Ouenzé ; cinquième arrondissement de la ville.
Réhabilitée il y a une décennie à la faveur des Grands Travaux, de même que les rivières Tsiémé et Kélékélé, les enjeux qui ont contraint le gouvernement et les partenaires internationaux à financer cette opération ne semblent pas avoir donné des résultats satisfaisants, selon Martin Massengo, fonctionnaire d’une cinquantaine d’année, empêché de quitter son domicile après cette crue.
« C’est normal que la rivière déborde. A côté de la négligence de la municipalité qui ne pense pas à désensabler de temps en temps le lit de la rivière, il y a aussi les populations que nous sommes, qui pensons que la meilleure poubelle c’est Madoukou, » a-t-il indiqué, déplorant qu’à chaque pluie, une traînée de sachets plastiques et d’autres ordures ménagères sont remarquables autour des poutrelles métalliques qui forment la palissade sécuritaire aux abords de ladite rivière.
La montée des eaux a envahi boutiques, habitations, ruelles, empêchant toute activité lucrative dans la journée et le jour d’après, a-t-on constaté.
Les petites canalisations le long des principales routes de la capitale constituent d’autres sources de désagréments.
Le curage des caniveaux est un exercice inexistant à Brazzaville et l’accumulation des ordures ménagères et autres déchets dans ceux-ci empêchent un écoulement normal des eaux de ruissellement, a estimé un riverain à la retraite. La conséquence immédiate, pense-t-il dès qu’il pleut, c’est l’inondation des routes, rendant la circulation non seulement difficile mais aussi dangereuse en raison des pièges boueux.
Cinq jours plus tôt, une pluie qui est tombée sur la capitale Congolaise a eu le mérite de provoquer la destruction des routes, forçant les automobilistes à faire des débordements dans certaines propriétés privées pour avoir le passage.
Pourtant demandée par les populations pour apporter des nutriments aux plantes ou pour d’autres raisons telles que le pourvoi en eau dans certains foyers qui en manquent, les pluies deviennent très vite des pièges que les mêmes populations déplorent.
Le 15 avril à Dolisie, une pluie orageuse est tombée de 13 heures à 16 heures, faisant d’énormes dégâts dans les ménages. Une cinquantaine de familles ont avoué avoir perdu au moins un appareil électroménager des suites de la foudre qui s’est abattue sur la ville durant la tombée des eaux.
« Nous avons perdu un écran plasma, un téléphone et le Wifi à cause des tonnerres. Chez les voisins, ils ont parlé de congélateur, de décodeur, de stabilisateurs et de télévision. Chez d’autres ce sont les ampoules et les téléphones qui ne s’allument plus », a indiqué Nadège Kadi, une habitante du quartier Mangandzi 1 où les effets de cet orage ont été le plus ressentis.
Images Sceenshots/LDC: 1,2,3- Le débordement de la rivière ”Madoukou” à Ouenzé, Brazzaville 5- Des piétons dans la pelle d’un engin des TP et d’autres accrochés à l’arriere, à Pointe-Noire 5-Des appareils détruits par la foudre à Dolisie

