Par Salesh Achille Ngoma
L’élu de la 2eme circonscription de Sibiti (département de la Lékoumou), président du parti La Chaîne, a été démis de ses fonctions de 2e secrétaire du bureau de l’Assemblée le 7 janvier lors d’une session extraordinaire, pour une absence injustifiée à la cérémonie de clôture de la session budgétaire tenue en décembre.
Sa révocation de ce poste qu’il occupe depuis 2009, c’est-à- dire pendant 16 années consécutives, a été concoctée par les députés de la majorité présidentielle qui ont convoqué la session extraordinaire pour entériner son remplacement.
Selon le président du groupe parlementaire de la majorité présidentielle, Accel Arnaud Ndinga Makanda, l’honorable Kignoumbi-Kia-Mboungou s’est absenté sans justificatif, causant un retard préjudiciable à la tenue de la cérémonie de clôture de la session ordinaire budgétaire du 23 décembre dernier.
« Ce comportement a causé une désorganisation avec pour conséquence un grave dysfonctionnement de l’Assemblée nationale. Ayant fait ainsi, le député Kignoumbi-Kia-Mboungou a prouvé son incapacité à demeurer membre du bureau de l’Assemblée nationale », a expliqué l’honorable Ndinga Makanda dont la démarche de destitution du 2eme secrétaire a été soutenue par les responsables de l’Upads et de l’UDH, deux autres groupes parlementaires à l’hémicycle.
Conscient que le vin était tiré, le député de Sibiti a accepté de le boire non sans prononcer un dernier mot dans sa veste de secrétaire du bureau de la chambre basse.
« Je ne veux pas revenir sur le reproche qui m’est fait, semble-t-il que j’ai boycotté la session, encore que j’ai préparé la synthèse mais je ne pouvais pas la présenter. Je voudrais vous demander des excuses de n’avoir pas pu présenter la synthèse comme je le faisais d’habitude, » a confié l’honorable député avant de remercier ses collègues pour la confiance qui lui a été faite depuis 2009.
En effet, depuis 2009, Kignoumbi-Kia-Mboungou est l’un des rares opposants qui a régulièrement accompagné le Parti Congolais du Travail dans le processus électoral, même lorsque toute l’opposition prônait le boycott.
Hors de l’Assemblée, le président de La Chaîne se dit victime d’un règlement de comptes par le parti du président de la République, qui ne supporte pas ses récentes critiques au vitriol contre le chef de l’Etat et la majorité au pouvoir.
A l’issu d’un vote sans enjeu pour remplacer l’élu de Sibiti, c’est le candidat unique Alain Pascal Leyinda, député Upads de la circonscription unique de Mayoko, qui a été élu avec 142 voix sur 144.
Se réjouissant du choix porté sur sa personne, Leyinda a déclaré que son élection est une preuve que les institutions de la République fonctionnent, puisque l’Assemblée nationale n’a fait qu’appliquer les dispositions de l’article 119 de la Constitution.
Cet article dispose que « Chaque chambre du Parlement est convoquée en session extraordinaire par son Président sur un ordre du jour déterminé, à la demande du président de la République ou de la majorité absolue de ses membres. La clôture intervient dès que la chambre a épuisé l’ordre du jour pour lequel elle a été convoquée et, au plus tard, quinze (15) jours à compter de la date du début de la session. »
Alain Pascal Leyinda a aussi rappelé que «Le deuxième secrétaire a pratiquement trois grandes missions. La première, il est chargé de la communication, de la presse et de l’information. Il est le porte-parole de l’Assemblée nationale, c’est lui qui porte la parole des 151 députés.»
« Nous venons avec cette ambition de faire en sorte que l’Assemblée nationale soit au plus près de la population, parce que les députés sont les représentants du peuple. Il faut que le peuple sache ce que le député fait exactement au niveau de l’hémicycle, le contrôle de l’action du gouvernement, » a conclu le député de Mayoko.
Photo DR / Assemblée Nationale

