Le directeur général adjoint de la Société de traitement des hydrocarbures industriels du Congo (STHIC), Damien Siroen, a présenté des excuses publiques au peuple congolais, après avoir été entendu par les services de Sécurité Publique mardi le 7 et mercredi le 8 avril à Brazzaville, pour des propos qualifiés d’injures publiques» envers les employés.
« Je suis donc devant vous par rapport à la vidéo qui a eu à circuler sur les réseaux sociaux, et je tenais par la présente présenter mes excuses auprès du peuple congolais pour les propos qui ont heurté cette population que je tiens dans mon coeur depuis plus de 16 ans. Je souhaite que cette affaire puisse s’apaiser. Je réitère ici, devant tout le monde mes pleines excuses auprès du peuple congolais. Je veillerai bien évidemment à ce que ce genre de propos ne soient plus jamais tenus au sein de notre peuple », a déclaré, le visage un peu revêche, M. Siroën debout à côté d’un officier de police.
Selon une source proche du dossier, l’intéressé a reconnu son lamentable écart de conduite lors de sa première parution devant les responsables de la police, mardi, mais n’a pas été prompt à présenter des excuses aux employés et au peuple humiliés.
Mercredi, après sa deuxième audition, M. Siroën s’est “jeté à l’eau” et regretté que le maniement de sa langue a provoqué une si grosse polémique qui pouvait coûter de graves ennuis à son entreprise, dans les pays où le chauvinisme et le sentiment anti-occident bouillonnent dans le sang des citoyens.
Le 6 avril dernier, une vidéo partagée de milliers de fois sur internet, a montré le DGA de STHIC qualifiant ses employés de “couillons’’ et prononçant des phrases comme ”Je m’en bats les couilles” et “Je m’en fou!”
« Je m’en bats les couilles que ce soit un plombier, un frigoriste, un mécano qui le fasse, je m’en fous! On travaille tous pour STHIC. STHIC c’est STHIC. Et, une dernière chose. Quand il y a un couillon d’entre vous qui va sur un site et qui se rend compte qu’il y a un problème… », peut-on l’entendre dire dans ce document vidéo dont le contexte n’a pas été indiqué.
Pour les congolais, l’interpellation de ce patron expatrié doit marquer le début d’une ère nouvelle au cours de laquelle les employeurs qui maltraitent les congolais doivent répondre de leurs actions devant les tribunaux et être punis par la loi.
Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes pointent le doigt sur les employeurs chinois, indiens et libanais qui n’hésitent pas d’insulter et de brutaliser leurs employés congolais, qui finissent parfois en prison juste pour avoir revendiqué leur salaire ou des meilleures conditions de travail.
Photo, screenshot: Le DGA de STHIC demandant pardon aux congolais avec une mine fermée

