Le nouveau directoire du Trésor public de Brazzaville a empêché, le lundi 16 juin, l’accès aux bureaux de cette institution à tous les agents qui se sont présentés au-delà de 7h30 ; les considérant comme retardataires.
Entrés en fonction le 11 juin dernier, les nouveaux directeurs centraux à la direction générale du Trésor qui ont eu pour mission de donner le meilleur d’eux-mêmes afin de rehausser l’image de Trésor public se sont rendu à l’évidence que bon nombre de collaborateurs venaient au service à des heures où les usagers étaient mis en attente.
Pour rendre fluide le service, les directeurs ont décidé en fin de semaine dernière, de surprendre le personnel dès le lundi ; afin de leur rappeler qu’en novembre 2018, le ministre des Finances et du Budget d’alors, Calixte Nganongo, avait lancé un appel à tous les cadres et agents des régies financières, de saisir une chance supplémentaire pour rompre avec les vieilles pratiques et les antivaleurs, du genre retards au travail ou départs précipités du travail avant la fin de la journée de travail, en abandonnant seuls les chefs hiérarchiques.
« Un dispositif de contrôle et d’identification de chaque agent, au moyen de l’empreinte digitale et de l’iris de l’œil, sera mis en place. Je suis celui qui ne recule pas devant une option déjà prise. Je serai intraitable envers quiconque qui ne prendra pas le train de la réforme en marche », avait prévenu le ministre Nganongo à l’époque.
Au Congo, l’absentéisme au travail n’est pas l’apanage des seuls agents du Trésor public. Dans les structures sanitaires, dans l’enseignement et dans d’autres administrations, le phénomène est réel.
Si la santé ou des motifs personnels sont « naturellement » citées comme premières causes d’absence, les fonctionnaires congolais sont aussi démotivés par leurs conditions de travail.
Cependant, l’on peut reconnaitre que les retards au travail ne sont pas toujours le résultat d’une volonté affichée de résister aux réformes ; mais une conséquence de l’inorganisation générale imputable aux conditions de transport et la qualité des infrastructures.
La majorité de fonctionnaires congolais dépendent des transports urbains pour se rendre au travail. Or, ce service est très défaillant dans les villes principales du pays. Lorsque le transport est disponible, c’est parfois la qualité des routes qui est la cause du dysfonctionnement.
Les agents de l’Etat pourraient certainement apprendre à se réveiller tôt, pour gagner une place dans le premier bus. Là encore, il faut avoir la chance de ne pas rencontrer les bandits urbains dit « bébés noirs », souvent à la recherche de ‘‘pitance’’ aux premières heures de la matinée, qui n’hésitent pas de couper à la machette.
Images DR: 1-Nouveau directoire du Trésor public 2- Le Trésor public congolais

