Informé du triple infanticide perpétré sur ses trois enfants mineurs en date du 2 décembre 2025 à Talangaï, sixième arrondissement de Brazzaville (Nord), le parquet de Brazzaville a décidé lundi, le 8 décembre, d’engager des poursuites judiciaires contre Michina Ngambomi Angonga, congolaise de 22 ans et son guide spirituel, Platini Makabu Mukumbi, un sujet originaire de la République démocratique du Congo pour des faits d’assassinat, de tentative d’assassinat et complicité.
Selon le procureur de la république près le tribunal de grande instance de Brazzaville, André Oko Gakala, la jeune mère à la recherche d’un bien-être social s’est confié à son pasteur pour changer sa vie et trouver enfin un vrai mariage, au sein de l’église la « Parole de Dieu » sise au quartier Talangaï.
Lors d’une séance de prière qui a eu lieu le lundi 1er décembre dans l’enceinte de cette congrégation, son pasteur qui a également avoué être un prophète de Dieu lui a fait la révélation selon laquelle elle perdrait ses enfants dans quelques jours.
« Tu vas connaître la perte de tes enfants dans un futur proche, mais ne le regrette pas car il s’agit d’un sacrifice à réaliser en vue de recevoir les bénédictions divines, » a déclaré le pasteur et prophète Platini Makabu Mukumbi à la jeune mère, cité par le procureur de la république.
André Oko Ngakala a ensuite révélé que « l’homme de Dieu » a confié à Michina Ngambomi Angonga un bâton qui lui servirait à battre mortellement ses trois enfants âgés de 3, 5 et 7 ans afin qu’elle soit délivrée de la malédiction que ces trois « innocents » ont transférée sur elle. La récompense espérée serait un bon mari dans le royaume des cieux.
« De telles pratiques sont de nature à désacraliser et à occasionner l’effondrement de l’église qui, selon les lettres de noblesse, devrait être au centre du village, » a déploré le procureur de la république André Oko Gakala.
Lors de la reconstitution des faits sur le lieu du crime ; une maison de location, le pasteur-prophète a vainement tenté de convaincre le procureur de la république qu’il n’était pas le commanditaire mais que c’est un de ses collaborateurs qui aurait ordonné à la jeune dame de battre à mort sa progéniture afin de trouver un mariage stable dans les trois jours qui suivraient la battue et la mise à mort des enfants.
L’intervention des colocataires n’a malheureusement pas dissuadé la mère de commettre le filicide. La fille agée de 3 ans a trouvé la mort sur le champ et les deux autres ont rendu l’âme à l’hôpital de Talangaï, a précisé André Oko Gakala.
Ce crime rappelle à quelques égards un autre qui a eu lieu en octobre dernier à Ouesso (828 Km au Nord de Brazzaville).
Sous prétexte de délivrer une fillette d’à peine 10 ans des esprits démoniaques, la pasteure autoproclamée Lily Endangueke lui a causé blessures et traumatismes physiques ayant conduit à sa mort.
Le parquet local l’a condamnée à 5 ans d’emprisonnement ferme et au versement d’une amende globale de 25 720 000 FCFA.
La filicide a bel et bien reconnu qu’elle a déjà trouvé son fameux mari, selon la promesse du pasteur-prophète et que celui-ci vivrait dans les cieux. Le procureur de la république a plaidé pour une simulation de démence.
De nombreux témoignages font état de foyers détruits par les fausses visions des prophètes qui tiennent ces lieux potentiellement dangereux pour la société. Lorsque ces églises dites de réveil ne sont pas accusées de tapages nocturnes, on parle de spoliation des fidèles, d’avilissement, d’asservissement voire d’aliénation des fidèles.
Photos, screenshots: 1-La filicide et son Pasteur 2-Le cabinet du Procureur

