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Philippe Mvouo déplore le silence des médias devant un bénéfice important pour  leur épanouissement

par Achille Salesh Ngoma
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Le président du Conseil supérieur de la liberté de communication (CSLC), Philippe Mvouo, a déploré vendredi le silence des médias qui, selon lui, ne communiquent pas sur le Fonds d’appui aux organes de presse; subvention destinée à soutenir le bon fonctionnement des médias publics et privés.

« La Redevance audiovisuelle n’existe plus. Elle est remplacée par le Fonds d’appui aux organes de presse. Malheureusement, je ne vous entends pas en parler. Quels journalistes êtes-vous donc ? Vous n’écrivez pas, vous ne communiquez pas sur ce sujet », a déclaré, ironique mais ferme , Philippe Mvouo dont l’institution a autorité sur la gestion des aides aux médias.

C’est comme le cri de cœur d’un père de famille qui veut voir ses enfants prendre claviers, plumes, caméras et micros pour aller à la conquête d’un droit qui demeure dans l’oubli, par simple ignorance.

Le patron de la régulation des médias, qui s’exprimait à l’occasion de la célébration en différée de la Journée mondiale de la liberté de la presse, a promis se rapprocher du chef du gouvernement pour demander la mise en place d’une commission devant plancher sur cette question.

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Les représentants des syndicats et des organisations professionnelles, un représentant de l’association des consommateurs, un représentant du ministère de la Communication, un représentant de la Primature, ainsi que le CLSC devraient former ladite commission, a indiqué le président du CSLC qui n’y siégera pas, selon lui.  

Il a souligné que son rôle se limitera uniquement à prendre connaissance du contenu des rapports, laissant à la commission le pouvoir de définir les critères d’éligibilité des médias censés bénéficier de l’appui financier dudit fonds. « Si vous remplissez les critères, d’accord. Si vous ne les remplissez pas, n’espérez rien, n’attendez rien », a-t-il  martelé.

Le 3 mai dernier, à l’occasion de la journée de la liberté de la presse, l’ONG Journalisme et Éthique Congo (JEC) a plaidé auprès du gouvernement congolais d’octroyer des subventions et des subsides aux médias locaux, pour leur permettre de s’épanouir et d’exercer le métier en toute liberté.

« C’est vrai, sans argent, il n’y a pas d’entreprise de presse. Dans un pays où le marché de la publicité est très étroit et orienté, bien évidemment, les médias tant publics que privés ne peuvent survivre. La Redevance audiovisuelle, la RAV, qui a fait l’objet de tant de discours officiels, de réclamation des médias, n’a jamais été reversée depuis 22 ans »,  a regretté JEC.

Au regard de la loi des finances 2025, la RAV est supprimée mais remplacée par le Fonds d’Appui aux organes de presse sur lequel la presse n’écrit ni ne cherche à comprendre la clé de la redistribution. D’où l’interpellation du président Mvouo.

Le Congo, qui continue d’améliorer son positionnement en termes de liberté de la presse (le pays est passé de 69e à 71e au classement de Reporter Sans Frontière) peut s’inspirer de l’exemple du Gabon dont  le Fond national pour le développement de la presse a permis d’épanouir  le secteur.

Chiffrée à 500 millions de FCFA pendant plusieurs années, l’enveloppe est passée à 2 milliards et prend en compte les médias publics et privés notamment les médias audiovisuels, les journaux, les agences de presse, la presse en ligne et les agences d’information.  Le principal critère de répartition de l’aide reste la régularité de la parution et la reconnaissance par l’autorité publique. 

Images DR:1-Le président du Conseil supérieur de la liberté de communication (CSLC), Philippe Mvouo 2- Des cameramen lors d’une conferérence de presse 3- Des responsables de JEC

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