Par Achille Salesh Ngoma
Environ 500 présumés orpailleurs clandestins originaires de la RDC ont été rapatriés jeudi, après une brève interpellation mercredi par les agents de la Centrale d’Intelligence et de Documentation (CID) alors qu’ils avaient pris place dans l’unique train CFCO qui relie la capitale du Niari à la commune de Mbinda, frontalière avec le Gabon.
Des camions militaires mis à disposition par le préfet du Niari, en accord avec les hiérarchies militaires et policières, ont reconduit lesdits clandestins à la frontière de Moukéké, par Kimongo pour rejoindre leurs localités d’origine en République démocratique du Congo (RDC).
Ce contingent de clandestins, presque en ‘mission économique commandée’, avait pris d’assaut le “train-Mbinda” attirant l’attention des populations et des agents de la CID qui n’ont pas vu une telle affluence de voyageurs sur cet axe ferroviaire depuis la fin des années Comilog. Cette compagnie faisait des villes de Makabana, Mossendjo et Mbinda les plus grandes attractions économiques et touristiques après les principales villes du pays.
Selon de nombreuses sources concordantes, les clandestins voulaient rejoindre une forte communauté des leurs installée depuis plusieurs années dans les localités congolaises de Mayoko et Mbinda, ainsi que Bakoudou vers Bakoumba au Gabon ; pour la recherche de l’or au mépris des règles d’immigration et d’exploitation minière.
Selon le journal en ligne ‘Les Echos du Congo Brazzaville’ cette transhumance serait organisée, car des sources confient que les clandestins auraient payé des pots de vin à la frontière, avant de rallier Dolisie.
“C’est un secret de polichinelle, à chaque fois que le train CFCO circule sur l’axe Dolisie-Mbinda, il y a toujours des sujets étrangers (RDC) en situation irrégulière qui arrivent à Moungoundou-Sud, Moungoundou-Nord, Mayoko, Mbinda, pour l’orpaillage artisanal, en complicité avec certains détenteurs des cartes d’artisans et autres commerçants, qui reçoivent des dividendes et tirent profit de cette activité faite en violation de la législation en vigueur au Congo-Brazzaville,” a révélé jeudi ‘Les Echos du Congo Brazzaville’.
Vu les risques de conflits diplomatiques, la présente interpellation de clandestins doit constituer le déclic pour le lancement d’un recensement de sujets étrangers qui se cachent dans les forêts de Mayoko avec un couloir dans les forêts du Gabon voisin, pour piller de l’or sans être inquiétés.
Depuis plusieurs années, les ressources aurifères du Congo sont victimes d’une exploitation sauvage par des étrangers africains et asiatiques qui n’ont aucun respect des règles de l’orpaillage et causent de graves dégâts sociaux et environnementaux.
‘Les Echos du Congo Brazzaville’ indique que cette exploitation clandestine de l’or dans les pays de Mayoko a donné naissance à des organisations criminelles qui transforment les campements d’orpailleurs en rings de prostitution et de trafic de drogues, et causent des désastres écologiques par l’utilisation du mercure pour nettoyer les pierres précieuses.
“Résultat : quasiment tous les cours d’eau des environs sont pollués au mercure. Écosystème dévasté, nappe phréatique polluée par des rejets cyanurés dont le contact avec la peau provoque des dommages,” conclut le journal en ligne.
Le 31 décembre dernier, s’exprimant lors de la traditionnelle veillée d’armes, le président Denis Sassou Nguesso a invité la force publique au contrôle strict des frontières et à poursuivre l’effort d’éradication du grand banditisme sur le territoire national.
« Cet effort doit se poursuivre en même temps que nos frontières devraient être contrôlées, pour qu’elles ne soient pas comme les passoires du grand banditisme venu d’ailleurs. Donc, contrôle strict de nos frontières », avait martelé le président de la République devant les cadres et officiers de la force publique.
Photo DR: Vue de l’opération de transport des clandestins vers la frontière

