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Suspension momentanée du contrat en affermage entre E2C et Senelec

par les défis du congo
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Le gouvernement congolais a confirmé, par écrit, la suspension momentanée de l’exécution de la convention d’affermage entre Énergie électrique du Congo et la Senelec ; suggérée en février par le président de l’Assemblée nationale après un débat houleux à l’hémicycle.

Dans un courrier dont ‘’Les Défis du Congo’’ a obtenu une copie, le Premier ministre a instruit son ministre de l’Energie de « suspendre la procédure de mise en affermage du service public de distribution en vue de la vente d’électricité et d’en informer la SENELEC qui ne manquera pas de comprendre le bien-fondé de la démarche gouvernementale. »

Cette décision ne change pas grand-chose au débat en cours sur le contrat. Elle confirme la suggestion faite par le président de l’Assemblée, Isidore Mvouba, de suspendre temporairement le contrat, évoquant le souci de préserver la paix sociale en attendant les conclusions des travaux de la commission technique interministérielle sur ce dossier.

Informant la partie sénégalaise, le ministre de l’Energie, Emile Ouosso a écrit « qu’en vertu des conclusions de la réunion bipartite (Gouvernement-E2C-Partenaires sociaux) tenue le 26 février 2025 à Brazzaville, l’exécution de la convention d’affermage conclue avec le gouvernement du Congo en date du 13 février 2025 est momentanément suspendue en attendant les résultats de la commission technique interministérielle. »

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Pour l’opinion nationale et les syndicalistes de E2C, foncièrement opposés à ce partenariat pour des raisons de souveraineté, le langage du gouvernement semble ambigu. En effet, parler de « suspension momentanée » suppose que le contrat peut reprendre son cours sur les termes du 13 février, réaménagés ou pas.

Cette pause est donc vue comme un « délestage », alors que les populations et les électriciens attendent simplement un « débranchement au poteau » de ce contrat.

En effet, si les informations livrées par le député Jean Claude Ibovi sont authentiques, le prix du kilowattheure devrait tripler, passant de 49 FCFA sous l’exploitant E2C, a 130-138 FCFA sous Senelec; alors que  le directeur général de E2C, Jean Bruno Adou Danga, annonçant la cession des activités de distribution de l’électricité a Senelec/Socelec, en février dernier affirmait que les coûts de ventes du produit seraient décidés par le gouvernement congolais qui allait proposer des tarifs sociaux.

Les conclusions des travaux de la commission interministérielle sont en cours de visa et de signature, a révélé le Premier ministre sans en dire plus.

A propos de ce contrat d’affermage, le député à l’Assemblée nationale, Jean Claude Ibovi a surchauffé le parlement, le 27 février dernier, avec une intervention qui restera gravée dans la mémoire des congolais. L’élu du 2e siège de Talangaï (6e arrondissement de Brazzaville) quelques dessous du contrat qui étaient inconnus du grand public.

Il a, par exemple, révélé que ‘’la cession’’ de la société E2C aurait pour conséquence sociale, la vente du KWh d’électricité à 130 FCFA, coût prohibitif pour le congolais moyen, au lieu des 49,08 FCFA actuels, et la provenance des 40 milliards de FCFA qui auraient servi à ‘’racheter’’ tout ou une partie de E2C.

La clameur suscitée par son intervention a obligé le président de l’Assemblée nationale, Isidore Mvouba, à ordonner la suspension de tout le processus.

Le jour suivant, le chef du gouvernement, Anatole Collinet Makosso, convoqué devant le parlement n’a pas voulu « ramer à contre-courant » ; il a confirmé la décision du président du Parlement et a annoncé la mise en place de la commission technique interministérielle pour mieux échanger avec les partenaires sociaux d’E2C qui n’en démordent pas. 

Photos DR: 1-Le Premier ministre Anatole Collinet Makosso 2-Le ministre de l’Energie, Emile Ouosso et le representsant de Senelec 3- Des agents de E2C pendant une assemblée generale à Brazzaville

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