Pendant que certains célébraient la journée du 1er mai, commise comme la fête des travailleurs, certains autres subissaient les affres de la route et du travail ; notamment sur le tronçon routier Divénié-Nyanga où un véhicule de transport de voyageurs et de marchandises s’est renversé après avoir pourtant vaincu un bourbier.
L’accident a lieu jeudi à midi, aux environs du village Midouma, sur un versant de la colline Ignounga (ne pas confondre avec le versant opposé, Midouma-Ignounga, route Koula Moutou au Gabon) dans le département du Niari. Même si aucun décès n’a été enregistré, il n’en demeure pas moins que l’état de la route ; piteux et défoncé interpelle.
Le véhicule parti de Divénié s’est retrouvé embourbé à Midouma, avec un chargement hors gabarit. Pour le débourber, le conducteur a débarqué tous les passagers et demandé l’aide des villageois actifs. Une quinzaine de jeunes hommes se sont employés à secouer le véhicule pour le délester sans le décharger pendant que d’autres poussaient, pour lui permettre d’avancer.
Après un important « forcing », les jeunes en nombre important et la poussée de la faible puissance de ce qu’il reste du vieux moteur qui ne tient plus que grâce à des pièces de rechange de mauvaise qualité, bricolées ici et là, ont permis au vieux Toyota pick-up d’avancer de quelques mètres en dépit de ses pneumatiques bien lisses qui ne tiennent plus vraiment la route ; elle-même n’ayant aucun couvert latéritique.
Heureux de leur labeur, l’un d’entre eux, Mafoukila-fils a voulu s’improviser pour donner une interview pendant que le véhicule avançait pour chercher un endroit stable de la route pour ré-embarquer ses passagers et poursuivre son chemin de croix.
C’est à ce moment que l’interview qui venait de débuter est brutalement interrompue pour annoncer l’accident du véhicule qui avait pourtant de traverser « l’enfer ».
Tous ont accouru au secours du conducteur qui s’en est plutôt bien sorti. La marchandise bien amarrée ne s’est pas éparpillée mais les passagers et l’équipage ont tous paniqué en raison du régime du véhicule qui a subitement augmenté, faisant craindre une explosion. La fumée épaisse qui s’en échappait ne pouvait qu’ajouter au suspens.
Heureusement, un des mécaniciens a réussi à éteindre le moteur en débranchant la batterie d’allumage.
L’étonnement, puis la colère étaient tout de suite perceptibles sur les visages des passagers et de l’équipage cherchant à comprendre la raison de cet accident qui aurait normalement pu se produire dans le bourbier qu’à l’endroit où on ne remarquait que de simples mottes de terre.
« Le véhicule a ripé sur les cailloux, c’est pour cela qu’il s’est renversé », a expliqué un membre de l’équipage en colère.
« Pourtant on avait déjà réussi à traverser la plus mauvaise zone ! », s’est exclamé un passager, visiblement fatigué, se demandant s’il allait vraiment atteindre sa destination.
L’entretien des routes secondaires pose de sérieux problèmes dans les départements du Congo. Mais les populations riveraines de la RN3 ne comprennent pas qu’avec toutes les sociétés forestières qui exploitent allègrement du bois dans la zone et tout ce qu’ils ont comme politiciens capables d’un sursaut patriotiques, les routes soient dans un état piteux et impraticables jusqu’à ce qu’ils viennent pour des campagnes politiques.
« Nous avons pourtant sorti le véhicule du bourbier, mais curieusement il s’est renversé là où c’était improbable. Avec une telle négligence des élus, demain on me demandera de voter pour qui ? », a tempêté Mafoukila-fils, précisant que pour les prochaines échéances, les jeunes n’auront de choix que de voter pour un jeune comme eux.
« C’est vrai qu’un député n’arrange pas les routes, mais Gercy Mombot faisait de son mieux pour l’entretenir en louant des engins auprès des entreprises forestières qui opèrent dans la zone. Sauf que son action est toujours contrée par certaines personnes qui ne veulent pas du développement de la contrée », poursuivait-il sans décolérer.
Cet accident spectaculaire est un cri d’alarme sur l’état des routes secondaires au Congo. Celles-ci ont une importance telle qu’elles servent plus souvent à évacuer les productions agricoles des coins reculés vers la ville où la consommation des ménages est très importante.
Images screenshots (Video Les Echos du Congo-Brazza): L’ambiance autour de l’accident spectaculaire qui rappelle que la qualité de la route c’est aussi la vie.

