Dans une vidéo amateur filmée dans les rues de Brazzaville, trois hommes sont vus en train de secourir une personne prise en tenailles sous une grosse moto. Il s’agit d’un conducteur de taxi-moto manifestant visiblement les signes d’une crise tonico-clonique d’épilepsie.
Cet épisode soulève de graves inquiétudes sur la sécurité dans les transports motocyclistes et pose du coup la question de la fiabilité des visites médicales dans la délivrance du certificat de capacité et le certificat médical exigés dans le dossier d’autorisation à opérer.
La raideur musculaire, les convulsions, et la phase d’inconscience étaient observables et pouvaient confirmer que l’homme venait d’être foudroyé au guidon de sa moto, qui a terminé la course contre un bloc béton de fermeture de caniveaux, avant de retomber sur le motocycliste qui convulsait.
Secouru à temps, avec le dégagement de la moto, l’homme n’a cependant pas bénéficié d’une attention pouvant garantir sa sécurité; notamment le desserrement de ses vêtements, le positionnement de sa tête sur un objet mou et le positionnement latéral pour garder les voies respiratoires libres.
Au contraire, des observateurs debout aux alentours commentaient dans tous les sens.
« Il va se réveiller ! Il va se réveiller ! » entend t-on dire, une voix masculine suivie par une autre qui affirme « Il est tombé seul », avant que ne s’étonne une dame, de passage : « Ces histoires que j’entends ici sont donc vraies ! »
« C’est le Tramadol ! C’est le Tramadol ! » insinue un jeune homme qui ajoute qu’ « il va survivre, ce n’est que le Tramadol. »
La foule regardait, impuissante et sans inspiration, l’accidenté qui respirait avec l’aide de ses muscles abdominaux; dans la phase résolutive de la crise.
Selon des observateurs qui se sont confiés sous anonymat, les exploitants de moto-taxis ne respectent pas la législation en vigueur. D’autre part, le contrôle routier inefficace ne garantit pas la sécurité des usagers, assurent-ils.
Pour le cas d’espèce, par exemple, le conducteur arborait une casquette rouge, en tissu, alors que la réglementation exige le port d’un casque. C’est d’ailleurs un comportement qu’adopte la majorité des quelques 18 000 opérateurs de motos que compte le pays.
En effet, au mépris des dispositions du décret 2024-324 du juillet 2024, du premier ministre chef du gouvernement, les conducteurs des motos ne passent pas de visites médicales pour l’obtention des certificats médical et de capacité. Ils se contentent juste de leurs permis de conduire A ou A1 selon l’engin opéré.
Or, estiment les mêmes observateurs, pour favoriser la sécurité publique le certificat de capacité et le certificat médical devraient être strictement exigés avant l’examen du permis de conduire afin de limiter la délivrance du document aux opérateurs dont l’état de santé constitue un obstacle à la conduite auto ou moto.
D’autres sources concluent que les déviances observées dans ce domaine sont encouragées par les routiers qui y trouvent une occasion en or d’empocher de petites coupures bancaires qui font une petite fortune à la fin de leurs journées de travail.
Il est temps pour les autorités compétentes de serrer les dents et choisir de sanctionner sévèrement quelques uns ou de dormir dans le laxisme pour entretenir l’insécurité de tous.
Selon des statistiques officielles de la direction générale des transports terrestres (DGTT), sur les 12.564 accidents routiers observés dans le pays, 3.708 impliquent les motocycles, soit un pourcentage de 29,51%
Images, screenshoots/DR: 1,2,3- L’accidenté touché par la crise d’épilepsie 4-Des conducteurs de moto-taxis à l’affut des clients

