Par Serge Désiré Koubolo K. et Achille Salesh Ngoma
Les dirigeants des banques et établissements financiers, réunis au sein de l’Association professionnelle des établissements de crédits du Congo (APEC-Congo), se retrouvent à Brazzaville dans le cadre du quatrième colloque de l’organisation qui a ouvert ses travaux, jeudi le 17 septembre, sous le thème « Banques africaines : intégration, financement des infrastructures et résilience financière ».
Couplé à la 5e édition du Forum du Club des dirigeants de banques et établissements financiers d’Afrique (CDBEFA), ce colloque va réfléchir sur les enjeux liés au développement économique du continent, notamment les besoins croissants de financement des infrastructures et le renforcement de la résilience du secteur bancaire.
Selon le chef du gouvernement congolais, Anatole Collinet Makosso, ces travaux sont le prolongement de la réflexion entamée lors de la 61e Assemblée annuelle de la Banque africaine de développement (BAD)AD et la 52e Assemblée annuelle du Fond africain de développement (FAD) qui se sont tenues en mai 2026 à Brazzaville.
« Votre présence ici au Congo est un témoignage de confiance que le gouvernement congolais mesure à sa juste valeur. Les assemblées annuelles de la BAD organisées en mai dernier, ici à Brazzaville, nous invitaient à réfléchir sur l’architecture globale du financement du développement africain. Le colloque qui s’ouvre aujourd’hui, relance cette réflexion », a-t-il souligné.
En mai dernier, en effet, les assemblées annuelles de la BAD et du FAD ont posé les jalons de la mobilisation des ressources pour le financement du développement, en insistant sur l’objectif stratégique de stimuler la transformation locale des matières premières du continent et d’accélérer son industrialisation à travers de nouveaux cadres de développement.
Ainsi, les participants à la rencontre de Brazzaville examinent les moyens de renforcer la coopération et l’interconnexion entre les marchés financiers et les établissements bancaires, pour créer les conditions de la mobilisation de financements adaptés aux grands projets d’infrastructures, vu que les besoins du continent nécessitent une implication accrue des banques commerciales, des institutions de développement et des investisseurs privés.
Au menu des travaux de ce colloque, qui s’achève le 19 septembre, se trouve aussi l’importante question de la résilience financière ; comme l’indique le thème central. Il s’agit notamment de renforcer la capacité du secteur bancaire à absorber les chocs et à faire face aux risques endogènes, tout en consolidant la stabilité, la confiance, la transparence, l’innovation et la protection des consommateurs.
« Les banques commerciales ne peuvent pas, à elles seules, porter le financement de tous les projets. Le financement des infrastructures nécessite de nouvelles alliances. Il exige une coopération renforcée entre les Etats, les banques commerciales, les banques de développement, les investisseurs institutionnels, les fonds de pension, les compagnies d’assurance, les marchés financiers et le secteur privé », a suggéré le président de l’APEC Congo, Calixte Tabangoli.
Pour le président de l’APEC, il est temps que tous les partenaires contribuent au financement d’une Afrique plus intégrée, mieux industrialisée, verte, numérique et au contrôle de ses finances.
Il est possible de surmonter les écueils, a affirmé pour sa part le ministre congolais des Finances, du Budget et du Portefeuille public, Christian Yoka qui voit dans la jeunesse de la population africaine, la richesse du sous-sol, et les besoins d’investissement, d’importantes opportunités pour le secteur bancaire et financier.
« Le défi consiste, désormais, à transformer ces potentialités en capacités de financement. Cela exige de sortir d’une logique dans laquelle nous considérons séparément les questions d’intégration, de financement des infrastructures et de résilience bancaire. Ces trois dimensions sont intimement liées. Car, il n’y aura pas d’intégration économique véritable sans intégration financière. Il n’y aura pas de transformation structurelle sans financement massif des infrastructures. Et il n’y aura pas de financement durable sans banques solides et résilientes », a expliqué l’argentier Congolais.
Photos MFBPP : L’ambiance a la cérémonie d’ouverture du 4e Colloque de l’APEC-Congo et du 5e Forum du CDBEFA

