Au cours d’une interview accordée à l’Agence Congolaise d’Information (ACI), le professeur Tony Eyeni; néphrologue au Centre hospitalier et universitaire (CHU) de Brazzaville et directeur du programme national de lutte contre l’insuffisance rénale a montré qu’il est possible de lutter efficacement contre les maladies rénales, dont l’insuffisance rénale qui sont un problème majeure de santé publique.
La sensibilisation permanente, les examens de routine, le dépistage précoce, l’hygiène alimentaire et la consommation de l’eau sont les aspects importants de la lutte contre les maladies rénales, a indiqué le professeur qui insiste qu’il faut consommer un minimum de 1,5 L d’eau par jour, éviter la cigarette, manger moins de sel, pratiquer régulièrement le sport et surtout proscrire l’automédication pour se mettre à l’abri de certaines conditions qui provoquent l’insuffisance rénale.
M. Eyeni a pointé deux groupes d’âges les plus exposés aux maladies du rein, notamment les 40-50 ans et les 20-40 ans.
Pour le premier groupe, l’hypertension artérielle et le diabète sont vus comme des causes majeures de l’insuffisances rénales, tandis que l’autre est plus affecté par la consommation abusive et excessive des anti-inflammatoires tels ibucap et diclofénac ; ainsi que certains antibiotiques.
« Une prise prolongée de ces médicaments peut endommager les reins de manière irréversible », a indiqué le néphrologue, rappelant que les reins sont comme des « agents de ménage » qui filtrent le sang en continu et dont la moindre altération provoque des complications.
Le professeur Eyeni qui est aussi le directeur du programme national de lutte contre l’insuffisance rénale, a appelé le public à savoir écouter l’organisme; car nombreux confondent les symptômes des maladies rénales avec ceux du paludisme, retardant de fait leur diagnostic.
« Beaucoup de patients passent du temps à traiter le paludisme et la fièvre typhoïde avant de consulter tardivement », a-t-il regretté.
Au Congo, il existe très peu de données sur l’insuffisance rénale. Cependant, une étude menée par cinq Internes du CHUB dont le docteur Tony Eyeni; sur la base des dossiers médicaux des patients entre Janvier et décembre 2016, a révélé que 497 patients (52,1% des patients admis) âgés de 15 a 51 ans souffraient d’une insuffisance rénale chronique. Les hommes représentaient 59.1% du total.
Trois principales néphropathies causales étaient identifiées, notamment le diabète sucré (23.3%), l’hypertension artérielle (21.8%) et les glomérulonéphrites chroniques non diabétiques (15,5%). Selon la même étude, 295 patients (74,2%) qui présentaient une insuffisance rénale terminale ont pu avoir accès à la dialyse. Le taux de mortalité était de 49%, souligne l’étude.
Au Congo les greffes rénales n’existent pas encore. La seule prise en charge disponible est l’hémodialyse qui, avec un bon suivi, peut prolonger la vie des patients jusqu’ à 20 ans.
Photo, Illustrations ACI/DR: 1-Le professeur Tony Eyeni 2, 3- Images d’illustration du rein et de l’insuffisance rénale

