Une enquête biologique et comportementale sur le VIH/Sida au Congo en 2024, rendue publique le 28 mars dernier à Brazzaville, a révélé une prévalence de 3,2 % dans la tranche d’âges situés entre 14 et 49 ans, équivalant à quelques 120 000 personnes sur toute l’étendue du pays.
Selon la même enquête, le Congo a enregistré 10 000 nouvelles infections et 6 300 cas de décès liés à la pandémie en 2023.
Si depuis quelques années la tendance des études faites ne se limitait qu’à la publication des résultats des croisements hétérosexuels, il n’en demeure pas moins que cette fois-ci, un accent particulier a été mis sur les chiffres alarmants qui découlent des croisements homosexuels.
Entre 2012 et 2018, la prévalence chez des hommes ayant des rapports avec d’autres hommes a atteint le seuil de 41,2 % contre 26,1 % auparavant. Elle a notamment évolué de 7,5 à 8,1 % chez les professionnels du sexe et a atteint 3,7 % dans les prisons, indique encore ladite enquête.
Invité à la restitution de l’enquête, le représentant résident du PNUD au Congo, Henry René Diouf a dit sa détermination à faire la promotion d’une riposte afin d’endiguer la pandémie et de protéger les populations les plus vulnérables à travers une approche qui respecte des droits de l’homme, la science et l’inclusion communautaire.
Pour M. Diouf, les défis restent nombreux. « Mais ensemble, nous avons la capacité de faire reculer l’épidémie en mettant à profit l’expertise, les ressources et les partenariats qui nous unissent », a-t-il indiqué.
Représentant le Premier ministre à cette réunion, le conseiller à la Santé, Benjamin Atipo a insisté sur la nécessité d’une approche concertée pour lutter efficacement contre la pandémie du VIH/Sida.
« Sept années se sont écoulées depuis la dernière enquête, traduisant une hausse de la prévalence du VIH chez les populations clés. Il est essentiel d’obtenir de nouvelles données épidémiologiques sur ces groupes qui constituent le moteur de transmission du virus au Congo », a-t-il rappelé.
Selon M. Atipo, une étude sur les adolescents et les jeunes complètera cette enquête pour la parfaire, en vue de fournir « des indicateurs actualisés devant permettre d’ajuster les interventions et améliorer la riposte nationale face au VIH/Sida et contribuera à estimer les tendances de la charge de morbidité. »
Le gouvernement et le PNUD se sont engagés à travailler en synergie pour renforcer les stratégies de prévention afin de ne plus faire du Sida une préoccupation de santé publique d’ici à 2030.
Photos ACI: Les participants à l’atelier de restitution de l’enquête

