L’ancien ministre mauritanien de l’Economie, Sidi Ould Tah a été élu le 29 mai à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD) avec 76,18 % de voix au troisième tour du scrutin, contre 20,26 % pour son principal challenger, le Zambien Samuel Munzele Maimbo ; au cours de la 25ème édition des Assemblées annuelles du Groupe de la BAD qui se sont tenues du 25 au 30 mai à Abidjan, en Côte-d’Ivoire.
Il devient de ce fait le 9e président de la BAD depuis sa création en 1964 après avoir bénéficié de la confiance de 72,37 % des suffrages africains ; la BAD étant également constituée d’actionnaires d’origine non africaine ayant le droit de vote.
« Au travail maintenant ! Je suis prêt ! » s’est exclamé le nouveau président devant les gouverneurs de la Banque et les médias, avant de remercier l’Afrique pour la confiance « dont je mesure la responsabilité et le devoir qui l’accompagne ».
En face de Sidi Ould Tah se tenaient quatre concurrents à savoir l’ancien gouverneur de la banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), le Tchadien Abbas Mahamat Tolli ; le Sénégalais Amadou Hott ; le Zambien Samuel Munzele Maimbo et la Sud-africaine Bajabuilile Swazi Tshabalala.
Modeste et fairplay, son challenger, le Zambien Samuel Munzele Maimbo a transmis un communiqué dans lequel il le félicite.
« Je veux féliciter le docteur Sidi Ould Tah pour son élection réussie. Je suis entré dans cette course mû par l’amour pour notre continent et pour offrir une vision pour le futur de l’Afrique. Aujourd’hui les gouverneurs ont choisi le leader qui, selon eux, va donner la vision de l’Afrique que nous voulons à ce moment décisif », a-t-il écrit.
D’ores et déjà, de grands défis attendent le nouveau président de la BAD. Il devra très vite s’accoutumer à un environnement secoué par les annonces de l’administration Trump. En plus des droits de douane qui connaissent une hausse vertigineuse, certaines décisions impactent directement l’institution financière africaine en raison de la volonté de Washington de supprimer la contribution de 500millions de dollars au fonds de la banque, destinés aux pays à faibles revenus du continent.
Toutefois, Sidi Ould Tah va poursuivre le programme des « High 5 » qui constitue les cinq priorités que la BAD a adoptées sous la présidence nigériane de l’Institution que sont Eclairer, Nourrir, Industrialiser, Intégrer et Améliorer la qualité de vie des populations.
Deux jours avant la fin de son deuxième mandat à la présidence de la Banque, le Nigérian Akinwumi Adesina s’est dit fier de l’héritage qu’il laisse derrière lui. « Nous avons construit une institution financière de classe mondiale qui va continuer à faire progresser la position de l’Afrique dans un environnement mondial qui évolue rapidement », a-t-il déclaré en précisant que 565 millions de personnes en Afrique avaient bénéficié des projets de la BAD ces dix dernières années.
Mieux, pendant la decenie passée à la tete de la Banque, son capital a triplé, passant de 93 milliards et 318 milliards souscrit de l’institution a par ailleurs triplé, passant de 93 milliards de dollars à 318 milliards de dollars (de 53 834 milliards FCFA à 184 078 milliards FCFA).
La Banque africaine de développement compte 81 actionnaires, dont 54 pays africains qui représentent 60 % du capital et 27 pays non africains.
Avec 8,68 %, le Nigeria s’affiche comme le plus grand actionnaire de l’institution financière africaine. Suivent les USA (6,52 %), l’Egypte (6,19 %), le Japon (5,44 %) et l’Allemagne (4,12 %).
Images DR/BAD: 1-Le nouveau president de la BAD, Sidi Ould Tah 2-Photo de famille des participants à la 25ème édition des Assemblées annuelles du Groupe de la BAD3-Le président sortant de la Banque, le Akinwumi Adesina

