Par Cyr Yoba et Achille Salesh Ngoma
Avec 55 voix contre seulement 2 pour le candidat Congolais Firmin Edouard Matoko, l’ancien ministre Egyptien du Tourisme et des antiquités, Khaled El-Enany, en campagne depuis deux ans et six mois, a explosé les votes à l’UNESCO. Il a été désigné directeur général par le Conseil exécutif de l’institution et succède de ce fait à la Française Audrey Azoulay pour la période 2025-2029.
Agé de 54 ans, le candidat Egyptien a reçu le soutien inconditionnel de la France qui abrite le siège de l’institution, ainsi que celui des pays de la Ligue arabe dont il est issu, mais également celui des pays européens et latino-américains.
Pourtant, de nombreux pays parmi ceux-ci ont rassuré le Congo de leur vote en faveur de Firmin Edouard Matoko. C’est une trahison que le Congo portera longtemps en mémoire.
L’élu, diplômé de l’université cairote de Helwen où il a également été enseignant, est titulaire d’un doctorat en égyptologie (2001) de l’Université Paul Valery de Montpellier ; il parle couramment l’arabe, le français et l’anglais.
“Ouvrier” de la culture égyptienne, Khaled El-Enany a occupé la fonction ministérielle des Antiquités dans son pays en 2016 puis, trois ans plus tard, avec la fusion, il est devenu ministre du Tourisme et des Antiquités. Durant son passage, il a été au cœur de plusieurs projets liés au patrimoine égyptien.
Il a également pesé de son poids pour l’ouverture de plusieurs musées ; la restauration des sites historiques majeurs et le retour de nombreux objets culturels de l’étrangers vers l’Egypte.
Pendant sa campagne pour le poste de directeur général de l’Unesco, El-Enany a décliné une vision de travail qui sera basée sur la gouvernance inclusive ; la coopération Sud-Sud ; la protection du patrimoine mondial ; la facilitation de l’accès à l’éducation et la réponse aux défis émergents tels que le changement climatique et la fracture numérique.
Partisan de « l’Unesco pour les peuples » le nouveau directeur général s’est prononcé pour le renforcement de la visibilité de l’institution : proche des citoyens et plus efficace sur le terrain.
Parmi les grands défis qui attendent le nouveau directeur général figure le dossier américain. L’administration Trump a clairement indiqué son intention de quitter l’organisation. Or, cette décision pourrait coûter entre 8 et 22 % de contributions pour le budget annuel de l’Unesco.
Quant au challenger, le Congolais Firmin Edouard Matoko, les 30 années passées au sein de l’Unesco n’ont pas pesé pour balancer les votes en sa faveur.
Entré en compétition seulement six mois avant l’élection, avec une faible offensive diplomatique qui n’a commencé que quelques semaines avant le vote, le Congolais comptait plus sur la logique et le bon sens pendant que des manœuvres politiques et diplomatiques visant à ruiner sa candidature s’organisaient au vu et au su, en faveur d’un concurrent mobilisé durant trente mois sans relâche.
La préférence affichée de la France pour le candidat Egyptien, malgré le rapprochement historique avec la République du Congo, a sans nul doute eu un effet domino qui a fini par torpiller l’élan de M. Matoko, estiment de nombreux observateurs du processus qui a conduit El-Enany à la tête de l’institution.
Photos DR: 1-Les deux candidats pour le poste de DG de l’UNESCO 2-L’Egyptien Khaled El-Enany, nouveau DG de l’institution Onusienne 3-Le siège de l’UNESCO à Paris, France

