Par Sherys Perfection Kervich et Cyr Yoba
Le quartier Mpere-2 à Gamboma, dans le département de la Nkéni-Alima (Centre), est menacé de disparition depuis quelques années par une érosion inquiétante qui a creusé de gigantesques ravins au milieu de la route, mettant en péril les habitations et la quiétude populations riveraines, comme le montre un document vidéo de Congo Média publié sur les réseaux sociaux.
Quelques habitants du quartier ont même déjà élu domicile ailleurs, à en croire les images du documentaire amateur montrant des maisons abandonnées, presqu’en ruines.
Selon le document vidéo, même la voie qui mène au collège de la localité est détruite. Pour y aller, les derniers habitants du quartier sinistré se faufilent à travers les habitations qui résistent encore, mais qui devraient être englouties très prochainement par le phénomène géo-naturel.
Depuis 2011, l’intégrité des bâtiments du collège est devenue un sujet préoccupant et présenté aux autorités à Brazzaville.
Par la voix du ressortissant de Gamboma qui a réalisé ledit document vidéo, les populations de Gamboma appellent les pouvoirs publics à prendre des décisions responsables afin, non seulement de stopper cette destruction mais aussi de réhabiliter la route pour sauver les habitations qui le pourraient.
Dans le document vidéo, le relief présenté est plat ; il s’agit donc d’une érosion statique, principalement causée par la décalcification des sols, conséquence de la percolation des eaux.
La profondeur et l’étendue des ravinements inquiètent. Leur progression pourrait menacer davantage de quartiers dès lors que le collège de la localité se trouve déjà dans le viseur depuis une quinzaine d’année sans la moindre intervention des autorités.
Les habitants vivent désormais dans la peur permanente de voir le reste des maisons et leurs terres culturales disparaitre à jamais.
Face à cette situation, « il serait souhaitable que des experts en environnement commencent des travaux de sécurisation des zones touchées en vue de leur réhabilitation. La construction des canalisations pour ordonner le ruissellement des eaux de pluies s’avère nécessaire pour réduire au mieux l’action de l’eau sur l’espace de vie des populations de cette région du pays, » estime Boniface, cadre à l’Education nationale et ressortissant de Gamboma résidant à Brazzaville.
Mais ‘’Gam-City’’, comme ses ressortissants l’appellent affectueusement, n’est pas la seule ville du Congo victime de ce phénomène ; Brazzaville et pointe Noire aussi sont citées dans ce registre.
Dans la capitale économique du Congo, plusieurs nouveaux quartiers deviennent invivables en raison de la prolifération des érosions statiques et éboulement qui se multiplient sous les yeux des autorités locales. Dans des quartiers comme Mongo Mpoukou, Sapins ou Vindoulou, des pâtés de maisons ont été abandonnés en raison de la destruction des routes par des érosions devenues impossibles à maitriser.
C’est le même scenario dans les quartiers Ngamakosso, Massengo, Kombo, Maman-Mboualé, Jacques-Opangault, Mikalou, Mfilou ou Moukondo à Brazzaville. De nombreux propriétaires d’habitations dans ces quartiers ont proposé leurs parcelles à la vente pour se reloger ailleurs, a-t-on remarqué.
Photos DR: Le cratère de Mpere-2 Gamboma et quelques autres cas d’érosions au Congo

