Par Sherys P Ngomaht et Cyr Yoba
La société Océan du Nord a annoncé, mercredi lors d’une rencontre entre les responsables de la compagnie et les responsables de police routière, l’organisation prochaine d’une session de formation en conduite défensive basée sur la matrice « goals for drivers éducation » (GDE) de la CEMAC, pour tous ses chauffeurs à travers le Congo.
Cette décision est la conséquence de la perte de confiance de la clientèle et des autorités qui s’inquiétent de la longue chaine d’accidents mortels impliquant les bus de la compagnie.
Au cours du tête à tête entre Presley Edfira Odzouo et le colonel Faustin Seleguendé de la police routière, le responsable du marketing d’Ocean du Nord a présenté la matrice GDE, un module qui permet de structurer et de mieux comprendre les compétences nécessaires pour apprendre à conduire en toute sécurité, C’est un modèle théorique du comportement de la conduite.
Le premier niveau de cette matrice c’est le « maniement du véhicule ». Il correspond aux compétences de base pour manipuler le véhicule, comment utiliser la boîte de vitesses, le volant, contrôler la direction, la vitesse, etc. Le second niveau, « maîtrise des situations de circulation », correspond aux connaissances des règles et leur application.
Quant au troisième niveau intitulé « objectif de la conduite » il intervient dans un contexte sociétal et répond à la préoccupation « quel est l’objectif de mon déplacement ? » Il y a ensuite le « projet de vie » qui intègre le déplacement dans le cadre de vie professionnel et personnel et les capacités de maîtrise de soi et enfin le dernier niveau qui correspond aux « pressions sociétales », et plus globalement économiques et politiques. Ils ont trait à l’environnement social et relationnel qui peut affecter la conduite.
Cette formation dont la date de lancement n’a été précisée permettra de renforcer les capacités de chaque conducteur à réagir promptement aux dangers qui surviennent sur la route. Cette mesure, parmi tant d’autres, a été prise par la hiérarchie de la compagnie dans le but de renforcer sa politique de sécurité routière.
« L’objectif n’est pas seulement de mettre en place une formation qui permettra de renforcer les compétences de nos conducteurs, mais aussi de s’assurer que la formation continue existante est personnalisée et permet une évaluation régulière.
Cette disposition aidera à soutenir des mesures comme l’utilisation de deux chauffeurs par bus déjà en place pour les longs trajets », a indiqué Presley Edfira Odzouo.
Cette décision prise par les responsables de la société Océan du Nord réjouira plus d’un congolais quand personne n’ignore que ce voyagiste a tissé l’essentiel de sa réputation autour des pertes en vies humaines, conséquences de nombreux incidents de la route dans lesquels il est souvent impliqué.
Au-delà du voyagiste à la réputation controversée, la direction générale de la sécurité routière devrait penser à généraliser cette formation en collaboration avec la direction générale des Transports terrestres afin de faire profiter à un plus grand d’usagers de la route.
Selon le ministère congolais des Transports, de l’Aviation civile et de la Marine marchande, entre 2020 et 2024, le Congo-Brazzaville a enregistré 12.564 accidents de la route, occasionnant 1 040 décès, 4 707 blessés graves et 4 376 légers.
L’année 2025 a mal débuté chez Océan du Nord. Le 6 janvier, dans les alentours de Pounga, dans le Mayombe, 1 mort et 23 blessés ont été déplorés dans une sortie de route. Une semaine plus tard, une collision entre un bus de la même société et un véhicule particulier a occasionné quelques 3 décès et des blessés dans la région de Nkayi.
Photo DR: 1,2 – Des bus Océan du Nord, 3-Une visite des inspecteurs des Transports au siège de Océan du Nord

