Le célèbre animateur de l’émission « Vidéo 45 » de Télé Congo, Charlie Noël, a rendu son dernier soupir dans les premières heures de dimanche à l’hôpital de Makélékélé à Brazzaville, plongée dans l’obscurité à la suite d’une coupure d’électricité.
Selon un membre de sa famille qui est resté près de lui pendant ses dernières heures, la respiration de Charlie était passée au râle agonique audible de loin, juste avant la coupure d’électricité qui a touché l’hôpital. Muni d’une lampe torche, ce parent du défunt est resté à ses côtés. Il l’a appelé par son nom et Charlie a soulevé la main, explique l’homme non autrement identifié avant conclure qu’à ce moment, le malade a régurgité et par ce geste a rendu le dernier souffle.
C’est une page glorieuse de l’histoire de la télévision congolaise qui a été tournée par ce sombre événement qui s’est produit dans l’obscurité épaisse. Heureusement, la pénombre d’une lampe de poche a permis aux congolais de vivre cette transition douloureuse.
« La vie est agréable. La mort est paisible. C’est la transition qui est désagréable, » avait déjà suggéré l’écrivain et biochimiste Américain, Isaac Asimov.
La transition pour Charlie Noel était comme tirer du sang d’une pierre. En effet, quelques semaines avant sa mort, une vidéo postée sur internet informait l’opinion nationale sur l’état de santé préoccupant du journaliste-animateur. Dans le document, quelques bienfaiteurs dont le philanthrope Joe Washington Ebina lançait un SOS dans le but de lui venir en aide quant à la particularité des soins exigés par sa pathologie.
Pour faciliter la prise en charge du malade et l’accès aux médecins, Monsieur Ebina a installé Charlie Noel dans un hôtel de la place, jusqu’au jour où les médecins ont conclu qu’une évacuation sanitaire d’urgence était la dernière solution, avait expliqué un activiste congolais dans une vidéo à côté du malade, installé dans la salle 8 du Service Médecine de l’hôpital de Makélékélé.
« Il a été ramené ici pour des soins médicaux intensifs. Ici, le pire est qu’il n’y a pas de poches de sang. Il doit donc être perfusé à tout moment. Alors, nous vous prions de faire quelque chose pour notre monument culturel. Nous avons besoin du sang, » plaidait Amedé Deleau Loembe ajoutant que l’urgence c’est « l’évacuer soit vers l’Afrique du sud soit vers un pays européen. »
Malgré la clameur populaire sur les réseaux sociaux, les annonces de levée de fonds ici et là, aucune action concrète n’a abouti ; ajoutant à l’anxiété du malade comme cela pouvait se lire dans l’expression langoureuse de son visage. Charlie espérait un sursaut d’orgueil de femmes et hommes dont il a bercé la jeunesse avec sa voix feutrée, son regard empathique et son émission calibrée pour leur émancipation, à une époque où la télévision tissait encore la fibre amicale et familiale.
Noël Massengo, de son vrai nom, a fait les beaux temps de la chaîne de télévision nationale « Télé Congo ». Dès le début des années 80, il a lancé avec brio l’émission « Vidéo 45 » basée sur la diffusion des clips de musiques africaines et urbaines. Cette émission, de loin la plus populaire en termes d’audience, a agrémenté des vies, impacté des carrières et propulsé des grands et petits artistes.
Dans un hommage virtuel rendu à Charlie Noel, l’artiste congolais Kaly Djatou s’est répandu en gratitude. « Merci pour tout ce que tu as fait pour ma difficile carrière. Mpienzenguele était notre cri. »
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