En dépit d’un taux de scolarisation estimé à 96,5 % et un taux d’achèvement de 91 %, seulement 33,4 % des élèves terminent ce cycle avec des compétences minimales en matières dites scientifiques contre 59,4 % pour celles dites littéraires, selon un rapport du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) datant de 2021.
L’institution des Nations unies estime que ce défi ne pourra être relevé que si les évaluations des élèves dans l’enseignement primaire, mais aussi au secondaire sont faites régulièrement afin d’identifier ceux en difficulté d’apprentissage, les lister, les accompagner dans l’apprentissage et leur permettre d’atteindre le même niveau que les autres élèves de la classe.
Mais il semble qu’élèves et enseignants ont définitivement choisi le contraire ; la pratique de l’effort sain ne compte plus, remarque-t-on.
Le 5 juin dernier, les écoliers du Congo ont passé l’examen du certificat d’études primaires et élémentaires (CEPE). A la plus grande déception, le monde entier a découvert une épreuve d’orthographe (dictée), préparée par une équipe de ‘‘chevronnés’’, truffée de fautes incroyables qui ont jeté un doute sur le niveau réel des professionnels choisis pour la composition et la sélection finale des sujets.
Si à ce niveau l’encadrement est indexé, il n’en demeure pas moins qu’au niveau des sections supérieures de l’Education nationale, les torts peuvent être partagés entre personnels d’encadrement, personnels administratifs, élèves et parents, qui font craindre par le recours à certaines pratiques rétrogrades.
En avril 2025, le ministre de l’Enseignement préscolaire, primaire, secondaire et de l’Alphabétisation, Jean Luc Mouthou a officialisé une décision forte ; celle excluant 240 élèves qui ont tenté de se faire inscrire à l’examen du baccalauréat, session de 2025 de façon irrégulière.
Selon le ministre, tous avaient repris les classes de première au cours de l’année scolaire 2023-2024. Par conséquent, ils ne remplissaient guère les critères requis pour être éligibles.
Généralement, ces élèves utilisent de faux bulletins de notes acquis dans certains établissements scolaires privés moyennant le versement d’un pourboire. Cette envie de passer l’examen à tout prix, quand bien même on ne le mérite pas, contribue largement à baisser le taux de réussite aux examens d’Etat, indique-t-on, sans ignorer que ce comportement contribue efficacement à baisser le niveau de tout le pays.
Mais la rage de traverser les obstacles et d’atteindre des objectifs, tels que l’entrée en classes de seconde moyennant le diplôme du Brevet d’études du premier cycle (BEPC) et à l’université moyennant le diplôme du baccalauréat ; pousse les élèves les à user de corruption pour satisfaire leur conscience.
Nombre d’entre eux sont obligés de le faire, quelquefois, pour justifier l’obtention d’un poste budgétaire, appuyé par un parent bien placé au sommet de la hiérarchie de l’Etat.
Certains parents consentent à donner énormément d’argent pour obtenir des fuites de matières pour leurs enfants et, enseignants et personnels administratifs acceptent volontiers de se prêter au jeu. Le montant des transactions oscille souvent entre 30 000 et 150 000 francs CFA.
Le 18 juin, au deuxième jour de l’examen du bac général au Congo, une équipe de gendarmes commise à la surveillance et la sécurisation des centres d’examen Fleuve Congo’’ 1 et 2 a démantelé un « laboratoire mobile » de traitement des sujets de l’examen. Parmi les infortunés, trois enseignants confortablement installés dans une voiture, tous interpellés et placés en garde à vue.
Ce comportement qui ne favorise aucunement l’excellence vise, ni plus ni moins qu’à rabaisser davantage le niveau d’éducation de l’élève congolais avec des répercussions palpables sur les performances de l’Etat.
Quand ce ne sont pas les enseignants qui encouragent la fraude, les élèves eux-mêmes font la démonstration du développement des techniques, toutes sophistiquées à l’ère du numérique et du développement des technologies.
Griffonnages sur des billets de banque ; sur le revers des chemises et sandales ou la plante de pied ; téléphones portables sous silencieux ; calculettes électroniques ; bandages au sparadrap ; tartines et bien d’autres techniques sont inventées pour tenter de contourner des surveillants peu inspirés mais qui finissent par rattraper les malins.
L’école congolaise a pris un sacré coup. Une vraie frappe dans la fourmilière est nécessaire pour redorer le blason de l’éducation nationale, estime-t-on. L’organisation du BEPC du 8 au 11 juillet promet sans nul doute de révéler d’autres méthodes de fraude qui pourraient interpeller l’intelligence.
Pour rappel, en 2015 l’examen du baccalauréat a été annulé sur toute l’étendue du Congo en raison de fraudes massives et les auteurs, depuis le ministère n’ont, semble-t-il, jamais été inquiétés.
Images DR: Quelques moyens utilisés par des élèves pour tricher pendant les examens

