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Denis Sassou Nguesso, dans la foule, chante « Loulendo » pour donner le coup d’envoi de la 12e édition du FESPAM à Brazzaville

par les défis du congo
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Par Cyr Yoba

Le président de la République, Denis Sassou Nguesso a procédé samedi, le 19 juillet, au lancement de la 12e édition du festival panafricain de musique (FESPAM) 2025 au Palais des Congrès de Brazzaville devant une foule composite faite de diplomates, de politiques, d’universitaires, d’artistes africains et de plusieurs institutions culturelles.

« Je déclare ouverte la 12e édition du Festival panafricain de musique (Fespam), et que la fête soit belle ! », a lancé le chef de l’Etat pour donner le coup d’envoi, en rappelant à tous de « donner toute sa place à la jeunesse africaine, notamment celle qui prend aujourd’hui son avenir en main, qu’importe son secteur d’activité. »

Après quoi, Denis Sassou Nguesso s’est perdu un moment dans la foule bigarrée avec laquelle il a esquissé des pas de danse en chantant « Loulendo lua tata » (La Gloire du Père céleste), un chant de la communauté spirituelle des ‘Ngounzas’ réputé pour envoûter les cérémonies et manifestations populaires, festives ou revendicatrices.

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« Loulendo lua taté éééééé, loulendo ; loulendo lua tata ba véléla ba kota lo » (Ceux qui persévèrent verront la gloire du Père !) ont-ils répété avec entrain, devant un public en transe.

Mariusca Moukengue, la slameuse congolaise, 30 ans révolus, a ouvert les hostilités, avant de céder l’arène à un ballet de corps virevoltants, dans une scénographie rythmée par des mélodies enracinées dans le terroir congolais. De façon alternée avec d’autres artistes, Mariusca et Paterne Lyonel Bouanga Kaba, dit Black Panther, un autre slameur congolais, 28 ans révolus, ont déclamé des poèmes lyriques pour emporter les amoureux des lettres et des arts. 

La 12e édition du Fespam est célébrée sous le thème « Musique et enjeux économiques en Afrique à l’ère du numérique » tandis que le spectacle qui a été produit lors du lancement des manifestations festives s’intitule « Année de la jeunesse » ; celui-ci a attiré sur scène plus de 200 artistes.

« Le challenge n’était pas simple. Il a fallu adapter un spectacle imaginé pour 300 personnes à un format plus restreint, repenser la scénographie. Mais je pense que le pari a été réussi. Cette jeunesse a prouvé qu’elle peut faire rayonner notre culture, ici et ailleurs », a indiqué le chorégraphe et directeur de la compagnie Incolore, Gervais Tomadiatounga.   

Comme s’ils s’étaient entendus, l’ensemble des officiels ont exprimé leur intérêt aux valeurs qu’incarne le Fespam. La preuve, la directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay s’est adressée aux festivaliers dans un message vidéo diffusé par le comité d’organisation.

Cette douzième édition qui met un accent particulier sur ‘’les enjeux économiques à l’ère du numérique’’ n’a pas laissé indifférent le commissaire général du Fespam, Hugues Gervais Ondaye.

Selon lui, ce thème traduit une mutation profonde dans la manière dont la musique africaine se crée, se consomme et se valorise. « Aujourd’hui, la musique n’est plus cantonnée à la scène. Elle est partagée, monétisée, vulnérable aussi, mais elle représente un vivier d’emplois, une source de richesses et un levier d’influence culturelle », a-t-il indiqué.

Le festival de musique et des arts lancé ce week-end s’articule autour de cinq axes principaux que sont l’exposition d’instruments traditionnels africains dont le vernissage ; le symposium international qui réunira chercheurs et experts ; le marché de la musique africaine ; des scènes musicales ouvertes à la découverte de nouveaux talents et la projection d’un film consacré à la rumba, le 24 juillet à Canal Olympia, a indiqué la ministre de l’Industrie culturelle, Marie-France Lydie Pongault.

Les origines du Fespam remontent en 1969. Au cours de cette année, l’Algérie organise un festival multidisciplinaire mais son coût prohibitif pousse l’organisation de l’unité africaine (OUA) à reconsidérer l’idée et opte pour des festivals plus ciblés et réguliers. Huit ans plus tard, le Nigéria s’essaie sans succès puis, en 1996, sur inspiration du président Congolais d’alors, le professeur Pascal Lissouba et de son ministre de la Culture, Gabriel Matsiona, l’OUA relance le FESPAM avec une célébration biennale.

Il vise à assurer le rayonnement musical de l’Afrique et participe à l’intégration africaine par le brassage des peuples et de leurs cultures à travers la musique tout en assurant la préservation et la promotion de l’identité africaine.

Interrogé sur ce qu’est la musique pour qu’une fête lui soit consacrée, le professeur Lissouba a répondu que « la musique c’est l’art de dessiner un sourire et la force qui nous permet de chasser le désespoir. »

La cérémonie d’ouverture des festivités qui auront lieu du 19 au 26 juillet à Brazzaville n’a pas démenti l’ancien président Congolais au vu de l’effervescence qui a emporté le Palais de Congrès de Brazzaville. 

Photos DR: L’ambiance du Fespam 12

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