Par Koumba Lévê
Le directeur départemental de l’Enseignement préscolaire, primaire, secondaire et de l’alphabétisation (DDEPPSA) de Brazzaville, Alain Claude Dangouama a fustigé au cours de la semaine, les promoteurs des établissements scolaires privés et procédé à un rappel à l’ordre de ces derniers lors d’une rencontre de mise au point.
Au cours de celle-ci, M. Dangouama a exigé des promoteurs le respect scrupuleux des textes réglementaires en vigueur en matière de perception des frais de participation aux examens d’Etat que sont le CEPE, le BEPC et le BAC, dont les modalités sont fixées par la circulaire ministérielle N°0344 du 3 octobre 2018 fixant les frais d’inscription aux examens d’Etat.
« J’insiste sur votre responsabilité morale et patriotique et vous rappelle que l’éducation ne doit en aucun cas devenir un terrain d’abus, » a-t-il indiqué.
Pour rappel, la semaine dernière, la DDEPPSA de Brazzaville a publié une liste de 57 établissements scolaire privés sanctionnés pour non-respect des textes, notamment pour avoir abusé sur la perception des frais de participation aux examens.
Ces établissements sont interdits de présenter des candidats aux examens de fin d’année, à condition, toutefois, de revenir à la norme. Cela sous-entend le remboursement aux parents d’élèves des sommes indument perçues, pense-t-on.
L’Etat a fixé à 5 000 FCFA les frais de participation au Bac pour les nationaux et 15 000 FCFA pour les expatriés et les candidats libres ; 4 000 FCFA au BEPC pour les candidats congolais et 10 000 FCFA pour les expatriés et les candidats libres ; 2 000 FCFA au CEPE pour les congolais et 3 000 FCFA pour les concours.
Les promoteurs concernés ont promis au directeur départemental de se conformer aux exigences de l’Etat afin que la sanction qui leur a été infligée soit levée.
Malheureusement, le DDEPPSA de Brazzaville semble être le seul à se soucier du respect des règles établies par le gouvernement. A Dolisie et à Pointe Noire, deux autres grandes localités du Congo où les parents d’élèves se sont plaints d’avoir été escroqués par les établissements privés et publics, les directeurs départementaux sont restés de marbre ; ils n’ont dit mot pour rétablir la sérénité.
Interrogé par Les Défis de Congo, Xavière Mabika, parents de 4 enfants dans un établissement privé de Dolisie a estimé que le silence du DDEPPSA dénotait d’une certaine complicité.
« En général ils se partagent les bénéfices, sinon rien ne peut justifier que dans un même pays on ait deux poids, deux mesures sur l’interprétation d’une même note et que personne soit puni, comme c’est le cas à Brazzaville, » s’est-elle plainte.
La démarche choisie par Alain Claude Dangouama a été interprétée comme un message clair d’affirmation de l’autorité de l’Etat dans un secteur aussi important que sensible comme l’Education nationale.
Sa pédagogie est apparue comme une approche équilibrée pour corriger les dérives tout en préservant l’intérêt supérieur des élèves et des familles.
Photo DDEPPSA: Des promoteurs et des chefs d’établissements lors de la rencontre avec le directeur départemental

