La semaine qui s’achève a été marquée par la mort de trois bandits urbains dénommés “kulunas” ou “bébés noirs’’ à qui les populations victimes d’exactions ont servi la justice dans une violence inouïe. Deux ont été coupés à la machette et achevés avec des morceaux de briques en béton, au quartier Petit-Chose à Talangaï, le 6e arrondissement; alors que dans le 7e arrondissement, Mfilou, un autre a été lynché puis brûlé vif au quartier Mouhoumi.
Le jeudi 5 juin, dans la matinée, alors que le Congo entier s’occupait à déchiffrer la signification d’une proclamation du président américain limitant l’accès des Congolais aux USA, deux jeunes ‘‘bébés noirs’’ ont été rattrapés par des riverains sans pitié ayant retourné des machettes contre les bandits.
Sans pitié ni remords, dans un élan d’autodéfense filmé et publié en temps réel sur les réseaux sociaux, la population victime a été vue en train de frapper des coups de machette comme si elle avait affaire à des morceaux de bois de chauffe. Un spectacle cruel qui a culminé avec les coups de pierre en béton qui sont tombés comme une pluie sur les têtes et les poitrines des deux compères; jusqu’à ce que les corps effilés, l’un sur l’autre, ne bougèrent plus.
Les populations venaient de se faire justice.
Selon elles, il n’existe presque plus de nuits tranquilles dans leur quartier, qui a longtemps été à l’abri des bandits urbains. Comme un essaim en recherche perpétuelle de ruches, les ‘‘bébés noirs’’ se déplacent désormais de quartier à quartier, à la recherche de butins et de victimes; plongeant la capitale dans une insécurité endémique.
Dans cette partie de Brazzaville, destabilisée par la consommation de drogues et la pression migratoire, règne le cartel des “Latino-Americains”, qui ont mis les populations du 6e arrondissement sur le pied de guerre.
Du côté de Mouhoumi, dans le 7e arrondissement, Mfilou; c’est un “kuluna’’ de 22 ans qui a été capturé par la population en colère. Le nommé Déo, réputé dans le voisinage pour ses extorsions matinales, a été surpris par des jeunes du quartier qui ont commencé à le lyncher avant de le brûler vif, tôt le matin aux environs de 6h, le vendredi 6 juin.
Des témoins ont affirmé que ce dernier et ses amis agressent des femmes tout le matin et arrachent leurs sacs, dans le secteur du ravin dit “Maboulou”.
La dépouille de l’infortuné braqueur a été évacuée par ambulance, vers une morgue de la capitale, sous le regard vigilant et impuissant de la police arrivée pour simplement constater que le tribunal populaire avait prononcé et exécuté la condamnation à mort du ‘‘Kuluna’’.
Les populations Congolaises sont de plus en plus enclines à la justice populaire pour rétribuer les bandits qui n’hésitent pas de couper à la machette ou de blesser au poinçon hommes, femmes et enfants qu’ils agressent jusque dans les domiciles familiaux.
Dans l’espoir de solutions pérennes, les regards restent tournés vers les autorités de la force publique qui doivent servir le grand banditisme de plus en plus hors contrôle.
Le 04 juin dernier, le Conseil des ministres a adopté la stratégie nationale de prévention et de traitement de la délinquance juvénile, qui met en avant l’accessibilité à l’éducation et à la formation professionnelle.
S’étendant sur cinq années, cette stratégie, présentée par le ministre chargé de la Réforme de l’Etat, M. Joseph Luc Okio, va permettre de renforcer la sécurité des personnes et des biens sur le territoire national.
Images DR/screenshot: 1-Kuluna lynché et brûlé a Mouhoumi, Mfilou 2,3,4- Deux “bébés noirs” tués par les populations armés de machette et de pierres en béton.

