Par Achille Salesh Ngoma
Selon plusieurs sources qui ont lu ou obtenu un récent câble diplomatique du Département d’Etat américain, l’administration Trump a préparé une nouvelle liste de 36 pays dont 24 d’Afrique, qui pourraient être frappés de l’interdiction d’entrée aux USA, s’ils ne se conforment pas aux desiderata du gouvernement américain.
Dans ce document confidentiel signé par le Secrétaire d’Etat, Marco Rubio, le Département d’Etat a mentionné 12 exigences que chacun de ces pays doit respecter et corriger dans un délai de 60 jours, pour éviter la ‘‘guillotine des visas’’.
Les pays concernés par la possible mesure, qui pourrait tomber avant la fin du mois d’août sont l’Angola, le Bénin, le Burkina Faso, le Cap Vert, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, La République Démocratique du Congo, Djibouti, l’Ethiopie, l’Egypte, le Gabon, La Gambie, le Ghana, le Liberia, le Malawi, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria, São Tomé et Principe, le Sénégal, le Sud Soudan, la Tanzanie, l’Ouganda, la Zambie, et le Zimbabwe qui vont rejoindre sur la liste noire de Donald Trump; le Congo, le Tchad, la Guinée Equatoriale, l’Erythrée, la Libye, la Somalie, le Soudan, le Burundi, la Sierra Leone, et le Togo. C’est donc plus de la moitié de l’Afrique qui sera interdite ou limitée d’entrée aux USA.
Sur le plan international, la nouvelle mesure concerne Antigue et Barbade, Bhutan, le Cambodge, La République Dominicaine, Saint Kitts et Nevis, Sainte Lucie, Tonga, Tuvalu, le Vanuatu, la Syrie et le Kirghizistan.
Selon le document qui reste sur la même longueur d’ondes que la précédente proclamation, l’interdiction ou la restriction des entrées de certaines nationalités aux USA est dictée par le souci de protéger le pays contre les ‘‘terroristes étrangers’’ et d’autres menaces à la sécurité nationale, parce que les ressortissants de certains pays ont posé des actes de terrorisme, des actes antisémites et anti-américain sur le territoire.
Cependant, précise ce document confidentiel ; ce ne sont pas tous les pays sanctionnés qui sont concernés par le terrorisme ou le comportement antisémite.
« Nous sommes constamment en train de réévaluer les régulations pour assurer la sécurité des Américains et s’assurer que les étrangers respectent nos lois », a déclaré sous anonymat un officiel du Département d’Etat, joint par l’agence de presse Reuters.
Au nombre de griefs fait par le Département d’Etat aux pays concernés, le câble cite l’incompétence ou le manque de coopération dans la production de documents d’identification fiables pour certains pays, et pour d’autres, des passeports sans garanties de sécurité.
Certains autres pays sont accusés par Washington de ne pas collaborer dans le rapatriement de leurs citoyens ayant reçu l’ordre de quitter le territoire américain, pendant que d’autres encore ont atteint des seuils de prolongement de séjours intolérables.
Le Congo, le Tchad, la Guinée Equatoriale et d’autres pays africains sont logés dans cette catégorie, a indiqué une source indépendante à “Les Défis du Congo.”
Selon cette même source, au cours du premier passage de Trump à la Maison Blanche ; le Tchad a subi la même interdiction, avant la levée de la sanction l’année suivante, lorsqu’il a rempli les conditions imposées par Washington.
Les Défis du Congo a vérifié et confirme qu’en date du 24 septembre 2017, la proclamation 9645 signée par le président Trump a interdit l’entrée aux USA des citoyens Tchadiens pour les mêmes motifs que ceux évoqués en 2025. Quelques mois plus tard, le 10 avril 2018, la Maison Blanche a publié la proclamation 9723 qui a levé les restrictions sur le Tchad.
Ces derniers développements peuvent rassurer et calmer les esprits dans certains pays, comme le Congo, où la surenchère et des théories digne de Kafka ont fleuri sur les réseaux sociaux grâce à des activistes qui communiquent plus vite et plus agressivement que les gouvernements, même pour des sujets dont ils ne maîtrisent pas les tenants et les aboutissants.
En effet, profitant de l’insuffisance de la communication gouvernementale sur ce sujet, les activistes congolais ont gagné l’opinion nationale et internationale en trouvant la justification de l’interdiction du Congo dans une affaire de passeports délivrés à des étrangers.
« Je recommande que tout le monde lise bien cette annonce de la Maison Blanche », a conseillé l’ambassadeur des Etats Unis, Eugene S. Young, à la sortie d’une audience, le 5 juin, avec le ministre des Affaires étrangères, Jean Claude Gakosso.
Le 12 juin dernier, à travers un communiqué de presse, l’ambassade des Etats unis a éclairé un peu plus la lanterne des Congolais.
« Comme le précise la proclamation, entre autres problèmes, trop de voyageurs de la République du Congo ont fait le choix de rester aux États-Unis au-delà de la durée autorisée par les autorités de l’immigration américaine », a indiquée le document qui a aussi précisé que la proclamation du président Trump vise à protéger les États-Unis contre l’immigration illégale, un défi majeur pour le pays.
Dans sa proclamation du 4 juin 2025, le président Trump ne désigne pas le Congo comme un Etat lié au terrorisme ou à l’insuffisance de coopération dans la gestion de ses citoyens illégaux ; ce qu’il a pourtant précisé pour plusieurs pays sanctionnés avec le Congo, notamment l’Iran, la Somalie, le Venezuela, Cuba et Haïti selon les cas.
Images DR/Screenshot: 1,2 – Le president Donald Trump 3-Le Département d’Etat 4- L’ambassadeur des Etats Unis au Congo, Eugene S. Young avec le ministre des Affaires étrangères, Jean Claude Gakosso

