Le président de la Transition Gabonaise, le général Brice Clotaire Oligui Nguema a dévoilé lundi, dans une émission à la télévision nationale, ses vrais adversaires à l’élection présidentielle du 12 avril prochain, pour laquelle il s’est porté candidat il y a trois semaines.
« Pour ces élections à venir, je n’ai pas d’adversaire, » a déclaré le candidat Oligui Nguema avant d’éclairer son propos. « Mon adversaire c’est le chômage des jeunes ; tous ces jeunes qui sont dans la rue et qui rêvent d’avoir un emploi. Mon adversaire, ce sont les routes qui manquent dans toutes nos villes. Mon adversaire c’est l’eau et l’électricité. Mon adversaire c’est la vie chère. »
A la tête du « Rassemblement des bâtisseurs », le président de la Transition gabonaise ne nie pas qu’en face de lui se dressent sept Gabonais dont les candidatures ont été jugées conformes aux lois, à savoir Alain Claude Bilie-Bi-Nze, dernier premier ministre d’Ali Bongo Ondimba ; Zenaba Gninga Chaning (unique femme en lice) ; Alain Simplice Boungoueres (ancien député) ; Thierry Michel Ngoma et Axel Stophène Ibinga, deux anciens candidats à l’élection présidentielle de 2023 ; Joseph Lapensée-Essingone (cadre aux impôts) et Stéphane Germain-Iloko-Boussengui, médecin, ancien porte-parole du Parti Démocratique Gabonais (PDG) de l’ancien président Ali Bongo Ondimba.
Cependant, par cette sortie, le général Oligui Nguema veut s’affirmer et dominer la scène politique afin de mettre le maximum de chances de son côté. Il reconnait donc que ses adversaires politiques seront battus d’office et que son vrai combat sera d’améliorer le quotidien des Gabonais.
Dans sa parution du 12 mars dernier, le quotidien l’Union a publié des chiffres révisés du chômage des jeunes qui est aujourd’hui estimé à 35 % contre 40 % en juillet 2024, pour une population d’environ 2,6 millions d’habitants selon « Worldometer ». Le chiffre est trop élevé et le candidat Oligui en a conscience.
Chaque jour, lors de ses rencontres fortuites ou organisées avec la jeunesse, ces derniers lui réclament l’emploi et ils le font quelques fois à travers des manifestations publiques pacifiques.
Malgré quelques réparations ponctuelles sur des axes routiers de grande importance dans Libreville et quelques provinces, le pays demeure pauvre en matière d’infrastructures routières.
Selon le Gouvernement, le Gabon compte 9 170 kilomètres de routes. Seulement 10% d’entre elles sont bitumées, soit 1055 km et, pire, seulement près de 20% des routes non bitumées sont carrossables.
L’eau et l’électricité ont aussi été citées comme de vrais adversaires d’Oligui Nguema. Véritables casse-têtes, elles font depuis quelques mois l’objet de plusieurs investissements controversés et ont sapé la réputation de plusieurs directeurs généraux qui se sont succédé à la tête de la société d’énergie et d’eaux du Gabon (SEEG) ; la preuve d’une insatisfaction manifeste caractérisée par de fréquents délestages dans Libreville et l’intérieur du pays ou des robinets complètements secs.
Enfin, la vie chère n’est plus un sujet tabou au Gabon. Libreville est la ville la plus chère d’Afrique après Bangui, la capitale centrafricaine, selon un rapport du cabinet Américains Mercier.
Malgré la publication de nouvelles mercuriales ces dernière années, les commerçants ont du mal à se conformer et les plaintes des populations ne trouvent jamais de satisfaction.
Se soigner malgré la couverture maladie universelle, se loger, se transporter sont de plus en plus difficiles pour les Gabonais moyens.
Ce sont donc les combats pour lesquels le candidat Oligui Nguema semble « perdre son calme » et affute ses « armes » pour le 12 avril 2025 et pour les 7 années (durée d’un mandat) qui suivront.
Lors de sa déclaration de candidature, le 4 mars dernier, le président de la Transition Gabonaise a promis qu’ « en 7 ans, personne ne sera oublié, c’est pourquoi nous devons encore plus rêver haut ; rêver plus grand et travailler dur pour sortir notre pays de cet état. »
Oligui Nguema faisait allusion à l’état de délabrement des infracteurs ou simplement à leur absence ; aux fréquentes coupures d’électricité et d’eau ; à la vie chère ; au chômage des Gabonais, etc.
En bon soldat, il semble avoir en même temps donné un signal fort et invité les Gabonais à l’optimisme car le combat contre les « Vrais adversaires » sera gagné, selon lui.
« Avec vous, nous allons transformer ce pays pour que chaque Gabonais dans chaque village, dans chaque ville et dans chaque Mapane sente la renaissance et vive la prospérité. Cette vision n’est pas un rêve ; et si elle est un rêve pour vous, nous allons le réaliser. Elle est notre responsabilité commune, » avait indiqué Brice Clotaire Oligui Nguema le 4 mars dernier.
Photos DR: 1-Le général Brice Clotaire Oligui Nguema, candidat à l’élection présidentielle du 12 avril 2,3,4- Le décor que le général Oligui qualifie de “vrais adversaires”

