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Journée de la République : Les défis du Président Sassou Nguesso

par Achille Salesh Ngoma
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Le Congo a célébré le 28 novembre dernier le 66eme anniversaire de la République, une opportunité pour Dénis Sassou Nguesso de communier avec le peuple Congolais à travers un discours fleuve dans lequel il a égrené le chapelet de défis qu’est devenu son pays. Cette autopsie de l’état a permis au président de souligner les avancées et les insuffisances enregistrées au cours de l’année qui s’achève dans tous les domaines dont l’emploi des jeunes, l’agriculture, les terres, la santé, l’éducation, pour ne citer que les plus pressant du moment.

L’emploi des Jeunes, sujet qui fait couler des flots d’encre et de salive à l’intérieur du pays comme dans la diaspora a constitué la rampe de lancement de ce discours qui a même puisé dans les douleurs du passé pour rafraîchir la mémoire collective. Malgré tout, Sassou Nguesso s’est montré concerné et rassurant.  

Course contre la montre

« Loin d’être un simple slogan, l’Année de la Jeunesse participe de notre détermination à apporter des réponses adéquates aux attentes des jeunes, » a déclaré Denis Sassou Nguesso devant le parlement réuni en congrès avant de se féliciter du recrutement dans la fonction publique de 25.000 jeunes, depuis 2021. « Cet effort remarquable se poursuit avec le recrutement de 10.000 nouveaux agents civils de l’Etat, au titre de la campagne de recrutement de 2024, » a-t-il ajouté.  

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Il a indiqué dans ce registre, que le fonds national d’appui à l’employabilité et à l’apprentissage (FONEA) mis en place pour développer les capacités des jeunes a entreprendre, a permis de former et d’insérer 687 jeunes dans les filières de la maçonnerie, de la plomberie, du bois et de la restauration à Enyellé, Bétou, Dongou et Impfondo, dans le département de la Likouala ; 323 jeunes dans les filières de la climatisation, de l’électricité bâtiment et de la mécanique automobile, dans le district d’Owando ; 405 aux métiers de la maintenance industrielle, du numérique, de l’hôtellerie et de la restauration, avec un taux d’insertion de plus de 70% dans le marché de l’emploi, dans les départements de Pointe-Noire, du Kouilou, de la Lékoumou, des Plateaux, de la Sangha et de la Likouala.

Sur le terrain, la question de l’emploi des jeunes demeure une épine sous le pied du gouvernement Makosso qui a toujours du mal articuler les résultats de ce chantier que les Congolais raillent sur les réseaux sociaux comme un échec cuisant. 

Pour sa part, le président de la République continue de donner l’assurance que ce défi sera relevé, annonçant le démarrage de plusieurs projets comme « MOSALA » pour le renforcement de l’adéquation Formation–Emploi et Stage-Emploi avec les partenaires séculiers comme le PNUD, l’Agence Française de Développement, et l’Union Européenne.

« En partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le gouvernement met en œuvre le programme Stage-Emploi qui vise à offrir à 10.000 jeunes une première expérience professionnelle par des stages en entreprises et dans le secteur public, » a-t-il révélé avant de préciser que le projet MOSALA « bénéficie de l’appui de l’Agence française de développement et de l’Union européenne pour la formation et l’insertion de 5.000 jeunes dans le monde du travail, pour se lancer dans de nombreux secteurs productifs dont l’agriculture. »

L’agro-business, opportunités d’emploi, et santé pour tous

Parlant de l’agriculture, Sassou Nguesso a reconnu les contreperformances des zones agricoles protégées. Cependant, il a affirmé « qu’il suscitent déjà un réel espoir en ce qui concerne la revitalisation de l’arrière-pays et l’approvisionnement de nos villes en denrées alimentaires. » Il a ainsi instruit le gouvernement de continuer dans la bonne direction tout en rectifiant les dysfonctionnements observés et en facilitant l’installation des investisseurs privés dont l’action soulagerait les besoins alimentaires du pays.

« J’encourage les promoteurs ayant d’ores et déjà exprimé leur intérêt pour l’agro-industrie dans notre pays, à engager la réalisation de leurs projets, y compris à travers des partenariats public-privé, » a lancé le chef de l’état qui a glissé sur le terrain sinueux de « la prétendue cession-vente des portions de notre territoire à des étrangers. »

« La législation foncière de notre pays permet à tout citoyen ou à tout investisseur de réaliser ses activités agro-pastorales ou agro-industrielles en toute quiétude. Les réserves foncières de l’Etat, distinctes des terres coutumières, contribuent à la diversification de notre économie et sont à la portée de tout investisseur congolais ou étranger, régulièrement établi au Congo, » a martelé le président comme pour titiller les compatriotes qui s’opposent à l’installation des investisseurs Rwandais sur les terres agricoles congolaises. 

Poursuivant sur cette question des terres, Denis Sassou Nguesso a averti que le gouvernement ne tolèrera point l’occupation anarchique des réserves foncières de l’Etat que certains confondent aux terres coutumières. Selon le président, ces terres contribuent à la diversification l’économie et demeurent disponibles pour tout investisseur. Ainsi, leur occupation anarchique « appelle l’application ferme des mesures prévues à cet effet, afin de sauvegarder leur disponibilité pour des initiatives d’intérêt public. »

« Le disant, je pense aux zones économiques spéciales que nous nous attelons à développer et qui ne doivent pas pâtir des abus de propriétaires terriens indélicats, » a-t-il poursuivi avant de conclure que « ces espaces ouvrent de potentialités d’affaires dans des domaines de pointe ainsi que dans des activités à haute intensité de main-d’œuvre, comme l’agro-industrie, la pêche et l’agro-pastoral. »

La santé a eu sa bonne part dans le message du chef de l’état. Il a affiché la volonté de répondre aux attentes des populations en ce qui concerne les soins de qualité, demandant au gouvernement Makosso l’implémentation d’une caisse d’assurance maladie universelle. Sassou Nguesso a par ailleurs appelé au renforcement des capacités d’accueil et de prise en charge des patients, par l’achèvement des travaux de construction des hôpitaux généraux et leur dotation en plateaux techniques performants.  Les chantiers en finalisation sont notamment les hôpitaux généraux de Sibiti dans la Lékoumou et Ouesso dans la Sangha alors que ceux d’Impfondo et Kinkala, dans les départements de la Likouala et du Pool, seront lancés en 2025.

En parlant de l’éducation, que de nombreux Congolais considèrent comme la jambe cassée du gouvernement Makosso, le président Sassou Nguesso a fermement appelé à la mise en œuvre des reformes identifiées lors des états généraux de l’éducation tenus en janvier 2024.

« La tenue de ces assises a permis au pays de bénéficier d’importants financements de la part du partenariat mondial de l’éducation, dédiés à l’amélioration de la qualité des apprentissages et des enseignements, » a rappelé le chef de l’état qui reconnait que l’école est un outil de socialisation de premier plan et l’un des principaux creusets de l’avenir de notre société.

L’expansion de l’enseignement supérieur avec la construction prochaine de l’université de Loango, dans le département du Kouilou ; le recrutement de formateurs de l’enseignement technique et professionnel ainsi que l’augmentation de la capacité d’accueil des établissements et des centres de formation technique s’inscrivent dans cette logique, a assuré le président Congolais.

Les tentacules du développement de base

Les infrastructures ne sont pas restées en marge de cette adresse. Des réseaux de communications à l’adduction en potable, en passant par la fourniture en électricité et les moyens de transports divers, Sassou Ngesso a indiqué les efforts fournis dans l’amélioration des services car, estime-t-il, aucun pays ne peut aller au développement sans équipements de base.

« Malgré le contexte économique préoccupant, Nous restons fidèles à ce postulat, s’agissant des infrastructures routières et portuaires, des moyens de transport, du numérique et de la desserte en électricité et en eau potable, » a déclaré le président Sassou très vivace devant une audience qui présentait parfois des signes de fatigue et de sommeil comme à chaque discours de celui-ci devant ces mêmes parlementaires.

« Nos efforts ont porté sur les projets ci-après, en vue d’améliorer la mobilité et les échanges de biens et de personnes sur le territoire national, en lien avec la dynamique régionale enclenchée par la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale :  l’aménagement et le bitumage des routes Ouesso-Pokola intégrant le corridor 13 et Dolisie-Kibangou vers Ndendé Doussala à la frontière du Gabon, avec l’appui financier de la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale ; l’aménagement et le bitumage de la route Boundji-Ewo ; les travaux d’ouverture et d’aménagement de la boucle du Kouilou et la réhabilitation du pont de Sounda, » a-t-il expliqué.

Quant à la desserte en eau potable dans nos grandes villes, le président a déploré le sabotage des installations par des criminels ayant occasionné un manque à gagner de plus de 3 milliards 500 millions de francs CFA en termes d’électricité non distribuée à Brazzaville pendant 25 jours, avant de regretter les actes de vandalisme de 2.300 forages du projet « Eau pour tous » qui, a date, a livré 2.865 forages sur 4.853 convenus. Des instructions ont été données au gouvernement pour remettre à niveau les réseaux de transport et de distribution dont la vétusté constitue le nœud gordien qui attend un coup d’épée.

Le président de la République n’a pas manqué de jeter un regard sur l’économique. A cet effet, il a mentionné que l’inflation est en pleine décélération. Elle est passée de 5,3% en 2023 à 4% aujourd’hui. Selon lui, la reprise économique se poursuit grâce à une croissance hors pétrole soutenue, qui conjugue avec la mise en œuvre par le gouvernement Makosso des réformes présageant une embellie de 3,3% en 2024 et 3,8% en 2025.

Au plan diplomatique, la boucle de son message, Denis Sassou Nguesso a parié sur la paix, la sécurité, et la coopération en évoquant les efforts consentis par le Congo dans la gestion des conflits ainsi que l’ouverture du pays à tout partenaire qui l’accompagnerait dans sa marche vers le développement dans le respect de sa souveraineté. Le renforcement des relations avec la Chine et la Russie comme en témoignent les visites effectuées respectivement en avril et en septembre 2024 ayant abouti à la conclusion de plusieurs accords de coopération dans divers domaines participent à cette logique.

Poésie patriotique

Pour terminer son long discours, devant parlementaires physiquement épuisés, le président Congolais a appelé le peuple par son nom, pour lui parler de manière énigmatique et proverbiale.

« Peuple Congolais ! Le vent, quelle que soit sa violence, ne peut pas tordre les rayons du soleil. La pluie, quelle que soit sa force, peut mouiller la panthère, mais n’efface pas les taches de sa robe. Je rappelle cette sagesse de nos Anciens pour magnifier ta résilience qui t’a toujours permis des sursauts face à la difficulté, résilience qui renouvelle, encore aujourd’hui, la plénitude de ta capacité intrinsèque à assumer ton destin, dans l’optimisme et l’espérance. »

La flatterie du président s’est poursuivie avec la sublimation du courage et la détermination a affronter l’épreuve pour aller vers le mieux-être.

« Je t’invite à t’élever toujours par le travail, l’effort persévérant et à avoir confiance en ton avenir. Peu à peu, la météo s’améliore, mettant ainsi en évidence les éclaircis favorisant le passage des rayons salvateurs du soleil de l’espoir et de l’espérance, » a conclu Denis Sassou Nguesso. »

Par Stephane Lestin et Salesh Achille

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